ETENDÜE DES TERRAINS MEUBLES. 113
lant qu’en 1840 ses eaux s’£pancherent h la surface des dö-partements du Gard et des Bouches-du-Rhöne sur une lar-geur de 60 kilometres, depuis le fort de Bouc jusqu’au deläd’Aiguemorte.
Le vaste bassin de la Limagne a recueilli sur un grandnombre de points, et prineipalement sur ses bords, les al-luvions qui descendaient des montagnes, et il est facile dereconnaitre ä l’origine de chaque vallee la presence d’unealluvion toute locale. Toutefois, ces alluvions n’ont pu at-teindre ni le milieu du lac, ni certaines parties du fond dece grand bassin quand ies eaux l’eurent abandonnö. II enr&sulte de larges espaces sur lesquels il est impossible derencontrer un seul caillou. De tres-grands terrains, au P6-rou , sont comme certaines parties de la Limagne entiere-ment prives de pierres. « Au-dessous de Borja, dit LaCondamine, et ä 400 ä 500 lieues au delä , en descendantle fleuve , un caillou est aussi rare que le serait un diamant.Les sauvages de ces contr^es ne savent ce que c’est qu’unepierre, n’en ont pas möme l’idee. C’est un spectacle diver-tissant de voir quelques-uns d’entre eux , quand ils viennentä Borja etqu'ils en rencontrent pour la premiere fois, tö-moigner leur admiration par leurs signes, s’empresser ä lesramasser, s’en charger comme une marchandise precieuse,et bientöt apres lesmepriser etlesjeter, quand ils s’aper-Coivent qu’elles sont si communes. » ( Memoire de l'Aca-demie des Sciences, 1745, p. 417.)
Quelques parties du lac de Genöve pr^sentent aussi cetteabsence de cailloux. Ainsi, en sortant de la ville, on voitdans l’eau quelques blocs erratiques, et si le lac n’est pastrop profond, on aperfoit ä travers l’eau un fond de vasetrös-fine et disposße par ondulations. De grands espaces
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