X» XXI
MARTYRE D’UNE NOBLE JEUNE FILLE
ÉLÈVE DE J.-J. ROUSSEAU.
Ce que je vais vous raconter, avec ma simplicitéordinaire, va vous paraître un rêve dans l’enfer ; j’aiéprouvé la même impression aie lire, et quand je quit-tais le récit, je me secouais pour me demander si mesyeux n’avaient pas été la dupe d’un cauchemar oud’un roman habile comme le rêve.
Vous êtes avertis; à la fin, je vous soumettrai tou-tes les preuves, et vous vous assurerez que ce rêve esten tout point la plus pure vérité.
Le cadre de cet ouvrage me condamne à être bref ;je vous prie de ne pas l’oublier et de suppléer à mabrièveté par votre intelligence.
Louis-François de Bourbon-Conti , noble, brave etmodeste, vainqueur à la bataille de Coni, l’ami et leprotecteur des gens de lettres et surtout des philoso-phes, qui l’avaient surnommé le Prince citoyen, étaitdevenu veuf de la dernière fille du Régent, qui mouruten donnant le jour au comte de La Marche. Il s’épritun jour de la duchesse de ***, qui réunissait à un grandnom et à une immense fortune, une beauté tellementexceptionnelle qu’on l’appelait, à la cour de Louis XV ,la belle Duchesse.
Sur la fm de 1762 (le prince avait alors 45 ans), une