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GÉOMORPHIE.
les dépenses, que pour arriver à des résultats plus précis, ainsi qu’on ledira bientôt. Jointes, par la pensée, par des lignes droites qui traversentl’espace, ces sommités déterminent une sorte de réseau formé par unenchaînement de grands triangles, qui, par leur continuité, couvrent toutle pays qu’on veut lever. On calcule ou l’on mesure tous les éléments deces triangles, comme on l’expliquera par la suite.
L’ingénieur mesure avec un soin extrême tous les angles de ces trian-gles, ainsi qu’une longueur qu’il appelle une base. Cette base est l’un descôtés de nos triangles, et le calcul lui apprend à connaître les longueursde tous les autres côtés, parce que cette base fait partie de la triangula-tion générale. Il appelle ce réseau un canevas trigonométrique.
Ces divers triangles sont, il est vrai, situés dans l’espace, et formentun polyèdre à faces triangulaires qui enveloppe le sol ; mais, en abaissantune verticale de chaque sommité, cette droite rencontre un point de lasurface prolongée sous terre du niveau des mers. Cette surface est consi-dérée en Géodésie comme étant celle du sphéroïde terrestre, parce qu’ony néglige les petites inégalités des montagnes, comme étant tout à faitinsensibles comparativement aux immenses dimensions du globe. Ainsil’on substitue, par la pensée, aux triangles rectilignes qui font, dansl’espace, le sujet des observations, d’autres triangles curvilignes tracés àla surface de ce sphéroïde, et c’est par le calcul qu’on détermine la formeet les dimensions de ces triangles. Projeter ainsi sur le sphéroïde terrestreles triangles observés, c’est ce qu’on appelle les réduire à l’horizon ; etcomme on trouve que la figure du sphéroïde diffère extrêmement peud’une sphère, on est en droit de supposer que chacune de ces projectionsest faite sur une sphère d’un certain rayon, attendu la petitesse des dimen-sions de chacun de ces triangles : ce rayon est d’ailleurs variable avec leslieux.
On nomme triangles du premier ordre ceux qui ont ainsi les plusgrandes dimensions dans le réseau. Ensuite on choisit d’autres stationsdans leur intérieur, qu’on rattache aux premières par des observations,dont la précision est encore très-grande, quoique moindre que pour lestriangles primitifs. On forme ainsi des triangles du deuxième ordrequi sont moins étendus que les premiers; ceux-ci servent à leur tourà en former de troisième ordre. Dès que les côtés n’ont plus que 600 à1000 mètres de longueur, leur courbure est si peu prononcée, qu’on est