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Tome premier.
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44 Histoire de Geneve.

les droîts de son Eglise , & fit tant que l’Empereur révoquapar deux Bulles expresses cette Donation , comme accordéepar surprise h . Ces Bulles font couchées au long dans leCitadin. II paroissoit passionné pour son Eglise, mais il nejoiioit pas moins son jeu pour son intérêt particulier i carl’Empcreur remettant l’autorité & les droits de Régalé à l’Evc-que, penloit à conserver la Ville .fous un bon Pasteur, & éloignerpar ce moyen les Princes étrangers de toutes leurs prétentions.Cependant, c’est fur ces Bulles & fur ces Traitez que les Evê-ques ont depuis prétendu la Souveraineté de Geneve, que lesBourgeois, disent-ils, leur avoient accordée, ne s’y étant ja-mais

h Ce fait qui est un des points lesplus importuns de l’Histoire de Geneve,& qui n’est raconté qu’en deux mots ,mérite qu’on lui donne ici un peu plusd’étendué. Le Comte , après tout cequi s’étoit paste, ne pouvoit pas de bon-ne grâce , travailler d’une maniéré ou-verte à s’emparer de la Souveraineté deGeneve ; aussi prit-il une route détour-née, pour venir à bout de son dessein.En ce tems-Ià vivoit Berthold Duc de Ze-ringen , Oncle d'un autre Berthold, quibâtit la Ville de Berne. Le Comte deGenevois porta le Duc de Zeringen àdemander à l’Empereur , la Souverainetéde la Ville de Geneve. On ne fait pasde quelle raison il se servit auprès deBerthold, pour l'engager à faire une tel-le demande. Bonnivard prétend que lesDucs de Zeringen avoient obtenu des Em-pereurs , quelque titre purement honorai-re fur des Terres dépendantes d u Royau-me de Bourgogne, titre qui tenoit lieudes droits réels, que la Maison de Ze-ringen prétendoit avoir sur ce Royaume.s)ue le Duc Berthold voulant faire valoirses Droits, l’Empereur pour l’apaiser, éepour lui donner satisfaction en quelquemaniéré , lui conféra la Souverainetéfur trois Evêchez, qui étoient aupara-vant enclavez dans le Royaume de Bour-gogne , savoir , Geneve , Lausanne Sc Sion,quoi que , ajoute Bonnivard , ces Villes ,bien que renfermées dans ce Royaume,

n’en fussent point sujettes. Berthold n'eûtpas plutôt obtenu ce dont on vient deparler, que le Comte Amé le porta à luifaire cession de la Souveraineté, qu'ilvenoit d’acquerir fur Geneve, après-quoiil ne tarda pas à faire dans cette Ville ,des Actes de Souverain. Il se saisit dela Jurisdiction temporelle , qui étoit en-tre les mains de l’Evêque. 11 s'emparade tout ce qu’il trouva apartenir à cePrélat, au Chapitre Sc au Clergé. IIprit les Revenus Sc les Censcs Ecclésias-tiques. L’Eveque Ardutius de son côté,pour conserver fa Souveraineté , s’adreseíh à l’Empereur. 11 sc rendit en diligen-ce à St. Jean de Lône , dans l’Archevê-ché de Besançon, où Frédéric étoit alors.II tut admis à l’audience de ce Prince,Sc la il sc plaignit avec beaucoup de for-ce Sc de liberté, du procédé de ses par-ties , le Duc de Zeringen , Sc le ComteAme , qui avoient été apellez , pour en-tendre les plaintes de l'Evéque de Gene-ve. Ardutius fit voir d’une maniéréclaire, les Droits de Souveraineté, qu’ilavoit fur la Ville Sc fur les Châteaux del’Eglife , il allégua divers privilèges, queles Prédécesseurs de Frédéric avoient ac-cordez aux Evêques qui avoient gouver-né l’Eglile de Geneve avant lui, lesquelsportoient, que quand même, l’Evêque levoudroit , il n’y pourroit avoir aucunSeigneur au-deisus de lui, que l’Empe-reur, Il produisit enfin en fa faveur, le*

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