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Tome premier.
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L i v r e I I. 45_

mais opposez, comme ils auroient dû faire, si c’eût été con- n 62 .tre leur gré. A quoi ceux de ces derniers Siécles, qui neles veulent pas reconnoitre pour Souverains, répondent dansleurs Histoires manuscrites & dans le Citadin, que les Evê-ques n’avoient de droit fur Geneve, que comme Chefs de l’E-glile, laquelle croît mairreslê de la Ville & des Fauxbourgs ,comme porte un ancien Acte cité par le Citadin, Notoriumíjuod Ecdefia. Gebennenfis Démina efi (fi Prince p s unica in fi-Itdum Civuatis (fi Suburbij Gebennenfis. Que l’Evêque mê-me étant élu prêtoit ferment de garder les Privilèges & Fran-chises de Geneve. Que l’cxtrême déíerence qu’avoit alors laVille pour ses Evêques, íaifoit qu'on ne prenoit pas garde de siprès, quand ils faifoient quelque paísedroit, ou quelques Trai-tez qui excedoicnt leur pouvoir, & qui choquoient leur liber-té. Que l’Empereur ne pouvoir donner ni au Duc de Zerin-

F 3 guen,

ce qu’Ardutius avoir prouve d’une ma-niéré convaincante. L’Empereur fur l’a-vis de Ion Conseil , a jugea à l’Evêque.la Souveraineté de Geneve, & confirmade plus fort, la Cession qu’il lui en avoirfaite , & à lés Successeurs ; imposant unsilence perpétuel au Duc & au Comte ,

& ne lé réservant autre choie dans laVille, daP lés limites & dans les Châ-teaux de l’Evêrhé, sinon, que, lors-quel’Empereur pafièroit en personne par laVille de Geneve, l’Evêque avec son Cler-gé léroit obligé de chanter des Litaniespendant trois jours consécutifs, pour laconservation & pour l’accroillemcnt del’Empirc Romain. Que de cette maniérél’Evêque, de même que ses Successeurs ,demeureroit le Souverain Seigneur & lePrince de Geneve, de ses Fauxbourgs ,de fou Territoire, & des Châteaux del’Evèché, ne reconnoissant d’autre Supé-rieur , que l’Apôtre Saint Pierre. Aprèsque l’Empereur eut rendu cette Sentence,le Duc de Zeringen & le Comte de Ge-nevois en reconnurent la justice , Sc ilsdemandèrent pardon à l’Evêque, de latémérité qu’ils avoient eue, d'entrepren-dic fur les libertez de son Eglise.

Les

Patentes que l’Empereur Frédéric lui-mê-me lui avoit accordées l’an fécond deson Régné, c’est-à-dire l’an irfj. <3c enparticulier celle par laquelle ce Prince re-mettoit à Ardutius Sc a ses Successeurs ,tout le droit qu’il pouvoir prétendre furla Ville de Geneve , ses Fauxbourgs &les Forts de l’Evêché. Et il conclut quel’Empereur n’avoit pû contre les Conces-sions de lés Prédécesseurs , & contre lessiennes propres , donner la Souverainetéde la Ville de Geneve au Duc de Zerin-gen. Le Comte, d’un autre côté, n’eutautre chose à alléguer en fa faveur, si-non la Concession que l’Empereur avoirfaite au Duc de Zeringen , de cette Sou-veraineté

L’Evêque & le Comte ayant été ouïsamplement , l’Empereur porta la choseen son Conseil, composé des Princes quil’avoient accompagné dans son voyage >lesquels furent tóus d’avis , que l’Empe-reur n’avoit pas eu le pouvoir de trans-férer la Souveraineté de Geneve , à Ber-thold Duc de Zeringen , puis-que Sa Ma-jesté Impériale avoir déja remis à l’Evê-que ôc à lés Successeurs, tous les droitsde Régalé > qn’Elle avoir fur cette Ville.,