_46 Histoire de Geneve.
11 62. guen, ni aux Evêques, la Souveraineté d’une Ville Impériale,comme la leur, lans la participation de tout l’Empire & fansle con lentement des Sujets. Que nonobstant tout cela, lors mê-me que les Evêques étoient le plus en crédit, il y restoit as-sez de marques de la Souveraineté du Peuple. Que l’Evê-que étoit Chef, comme les Ducs de Venise & de Genes ; caron tailoit les Criées publiques au nom de l’Evêque , de sonVidomne, des Syndics & Preud’hommes de la Ville. L’Evê-que étoit élu par le Peuple & le Clergé. II avoir son Cha-pitre de trente-deux Chanoines de Saint Pierre, dont la plu-part étoient Juriíconsultes , & avoir pour Assesseurs Séculiersles quatre Syndics , vingt Conseillers & un Trésorier , qui
étoient
Les Droits de l’Evêque ayant été decette maniéré mis hors de toute contes-tation , l'Empcrcur ordonna ensuite à l’E-glise de Genève , de ne reconnoitre d au-tre Prince, que l’Evcque & ses Succes-seurs , & défendit à toutes sortes de per-sonnes , de jamais troubler ce Prélat,dans ses droits de Jurisdiction, de Réga-lé & de Souveraineté, sous peine demille livres d or, la moitié aplicable auFisc Impérial, & l’autre moitié à l’Evê-que & à l’Eglise de Geneve.
L’Empereur fit dresser une Bulle, enforme de Sanction pragmatique, de toutce qui vient d’être raporté , & la fit ex-pédier à Ardutius. Elle est adrelfée àtout le Clergé, Gentilshommes, Citoyens,Bourgeois & Habitans de Geneve & desChâteaux de l’Evéché. Elle fut délivréeen présence d un grand nombre de Prin-ces de l’Empire , dont les noms se trou-vent an bas de la Patente.
Le mime jour que l’Empereur eut ac-cordé cette Patente à l’Evéque de Gene-ve , il lui en donna une seconde, parlaquelle Sa Majesté Impériale d’un côté ,cassoit & annulloit d’nne maniéré plusexpresse encore, que dans la précédente,la Donation qu’elle avoit faite au Duc deZeringen , & confirmoit à l’Evèque , laSouveraineté qu’Elle lui avoit accordée;£c de l’autre > Elle ordonnoit au Duc &a u Comte, de remettre incessamment à
l’Evêque Ardutius, les Places dépendan-tes de l’Evêché , qu’ils lui retenoient en-core , avec tous les droits de Régaléqu’ils lui avoient usurpez. La premierede ces Bulles est d'autant plus remarqua-ble , qu’il y paroit que les Prédécesseursde l’Empereur Frédéric avoient déja ac-cordé aux Evêques de Geneve, les mê-mes choses que ce Prince leur avoit con.cedées. Car il n’y a nulle apparencequ’Ardutius eut osé soutenir, comme ilfit en présence de l’Empereur Sc de tou-te sa Cour , que les Bulles Impérialesportassent, que quand même l’Evêque levoudroit , il ne pourroit y avoir dansGeneve, aucun Seigneur au dessus de lui,que l’Empereur, & que le Conseil del’Empereur eut reconnu la vérité de cefait, si la chose n’eut été certaine. Desorte que l’on peut dire, que cette Bul-le tient en quelque maniéré lieu de cel-les qui avoient été accordées auparavantaux Evêques , que l’on n’a plus aujour-d’hui.
Au reste , ce qui avoit été ordonnépar l’Empereur , fut exécuté. C’est cequi paroit, par un Acte, par lequel l’E-vêque Ardutius atteste, que le ComteAmé & Guillaume son fils ayant recon-nu les torts qu’ils avoient faits a l’Egli-se de Geneve , avoient été reçus à faPaix, après lui avoir remis, ce qu’ils luiavoient pris,
» Ce