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Tome premier.
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144
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144 Histoire de Geneve.

Quelques jours après le Duc Charles III. craignant queles poursuites, qu’il avoir commencées contre les Genevois,& par écrit devant les Cantons , ne lui fussent pas favora-bles , & qu’au lieu de le reconnoître pour leur Prince, ils neprétendissent, qu’il étoit leur Vassal, réíolut de leur faire unplus rude Procès avec l’Epée. II leva donc une Armée de-çà les Monts fort fecrettement, afïn que les Fribourgeois n’en

eussent

qu’il ne parut pas , qu’une affaire autantimportante, eut été décidée tumultuai-rement, il faloit que chacun donnât sonsuffrage, séparément, à l'oreille du Secre-taire , fur l’acceptation ou le refus del’Allìance, en même tems qu’on proce-deroit à l’Election des Sindics ; on le fitauífi-tòt, & l’Alliance fut agréée d’unevoix presque unanime, telle que les Sei-gneurs de Fribourg l’avoient proposée.Le Conseil ordinaire sut chargé en mc-me tems, de leur faire réponse, qu’onacceptoit avec plaisir leur Alliance.

Peu de jours auparavant (le 30.Janvier)Gabriel de landes & le Sr. de Baleyjon,Envoyez du Duc de Savoye , ayant de-mandé audience dans le Conseil Général,avoient tâché , par des insinuations dou-ces & des assurances de la part de leurMaître, qu’il n’avoit rien de plus à cœur,que de maintenir les Franchisés & lesLibertez de la Ville , de détourner lesCitoyens de I'Alliance de Fribourg. Cesinsinuations n’ayant abouti à rien, ilstémoignèrent une grande irritation, lisraffemblérent ceux de leur parti, qu’onapelloit Mam'nelus, & les animèrent con-tre les Eìdynoss ; Quelques-uns des plusaparens des premiers, se présentèrent mê-me en Conseil , pour faire des protesta-tions contre I’Alliance. Mais ce Partiétant en très petit nombre , & les En-voyez de Savoye voyant qu’ils n’avan-çoient pas beaucoup les affaires de leurMairie, dans Geneve , se retirèrent.

Le Duc, cependant, n’abandonna pasla partie. Il fit proposer aux principauxPromoteurs de I’Alliance , de quitter leparti qu’ils avoient pris , entr’autres àBerthelUr & à Bonnivard Prieur de St.Victor. Mais il les trouva inébranlables,

quelque flateuses que fuffent pour eux &pour leur parti, les cíperances qu’il leurdonnoit. Ses Emissaires agirent aussi au-près des Seigneurs de Fribourg , pourles faire revenir de la parole qu’ils avoientdonnée, à quoi ils ne réussirent pas nonplus. Ce qui porta le Duc à se plain-dre aux autres Cantons des Fribourgeois ,auxquels il imputoit d’avoir contrevenuaux Alliances qu’il avoir avec le CorpsHelvétique, en donnant la Bourgeoisie àdes gens qui étoient enclavez en (es Pais,& d’avoir traité cette Alliance , non seu-lement sans la participation , mais aussicontre la volonté de l’Evêque, que lesGenevois reconnoissoient pour leur Prin-ce.

Ces plaintes firent quelque impressiondans Berne, de sorte que les Bernois en-voyèrent prier les Fribourgeois , de sedéporter de I’Alliance de Geneve. Ceux-ci ayant répondu , qu’ils ne le feroientjamais , à moins que cette Ville n’y con-sentit : les deux Cantons envoyèrent cha-cun un Député à Geneve , lesquels yétant arrivez le i« r . de Mars, ils eurentaudience du Conseil Général. Fabri, quiétoit le Député de Fribourg dit, que sila Communauté de Geneve vouloit re-noncer à I’Alliance, ses Supérieurs y re-nonceroient aussi. Mais que si elle nele vouloir pas faire , les Seigneurs deFribourg tiendroient religieusement leurparole , & désendroient la Ville de tou-tes leurs forces, en cas de besoin.

D'Erlach qui parla ensuite de la partdes Seigneurs de Berne , après avoir in-formé la Communauté , des opositionsque faisoit le Duc de Savoye , à l’Al-liance de Fribourg, déclara que la Villeétant sujette à ce Prince » les Seigneurs