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Ce même jour, il y eut grand bruit à l’Eglîse S. Françoisde Rive, à cause qu’un Pasteur Protestant avoit démenti lePrédicateur Catholique, dès le premier Dimanche de Carême,& il ne se pasloit gueres de jour que le même narrivât à cesSermons.
Le premier de Mars, après que ce Prédicateur eut fini sonSermon ', les Protestans, soutenus de Baudichon, d’Amy Pét-rin, & de plusieurs Bourgeois, qui Tétoient allé entendre,firent monter Farci en Chaire. Ce fut là le premier Prêche,que les Protestans firent publiquement dans la Ville, dontquelques Conseillers se plaignirent au Conseil, remontrant ledanger qui en pouvoit arriver. Des Députez de Fribourgvinrent aussi se plaindre en Conseil Général, de la permil-
H h sion
A' Alexandre Du Moulin , qui avoit étébanni, fous peine de la vie, au mois deDecembrc précédent, pour avoir dit, quela Doctrine qu’avoit prêchée Furbiti, étoitcontraire à l'Ecriturc Sainte, n’y ayantrien de plus juste , diloient - ils, que ceRappel ; puis-que le Dominicain, ayantété convaincu d’être tombé dans les er-reurs que Du Moulin lui avoit repro-chées, celui-ci n'avoit pas eu tort de tairece qu’il avoit fait. Enfin, ils pressèrentl’exécution de la Sentence contre Furbiti.
On leur répondit, que le Conlèil au-roit I’oeil fur la conduite du Cordelier,& quils pouvoient compter que l'on fe-roit ensorte qu’il ne prêchât que la Pa-role de Dieu. Que le Conseil étoit trèsfâché des railleries que l’on faifoit, ausujet du lieu où ils faisoient prêcher leursMinistres , qu’il tâcheroit d’cn découvrirles Auteurs, après quoi il les puniroittrès sévèrement. On leur dit en mêmetems , que le Magistrat voudroit bienpouvoir accorder un lieu public, pourfaire faire le Service Divin à leur manié-ré , mais que n'ayant pas le droit de ré-gler ce qui regardent le spirituel , dontla connoiíïance appartenoit à l’Evêque& à son Vicaire, on les prioit de netrouver pas mauvais, s’il ne prenoit au-cune mesure là-dessus. Que cependant,
si d’eux mêmes, ils vouloient faire prê-cher un Ministre dans une des Eglises ,ils étotem suffisamment soutenus dans laVille pour en venir à bout, que le Con-seil n'oseroit leur résister, & qu’il n’avoitpas le pouvoir de le faire: Qu ai n si, il netenoit qu a eux de faire ce qu ils trouve-roient à propos. A l’égard de Du Mou-lin , on leur répondit , qu’il n’avoit pasété banni , pour avoir contredit à la Pré-dication du Dominicain, mais pour avoircausé du tumulte, & comme le Conseiln’avoit jamais accoutumé de faire révo-quer les Sentences criminelles, qu’il avoitune fois données , on les prioit de pren-dre en bonne part, qu’on laissât subsisi.ter celle qui regardent Du Moulin. En-fin , par rapport â Furbiti, on leur dit,qu’on le «endroit dans une Prison tou-jours plus étroite, jusques à ce qu’il eutexécuté la Sentence rendue contre lui.
* Les Reformez ayant fçû la réponsequi avoit été faite sur la demande d’unePrédication publique , en profitèrent in-cessamment. Ils se saisirent de la Saledu Couvent de Rive, où Baudichon , AmiPerrin, & quelques autres amenèrent Fa-rel, & le firent monter en Chaire, aprèsavoir fait sonner la Cloche , Cc que leCordelier, qui y prêchoit à l’ordinaire ,eut achevé son Sermon, Ainsi l’Eyangi-
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I. Mit**
30. Mars.