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Tome premier.
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1534 -

242 Histoire de Geneve.

sion qu’on avoir accordée aux Luthériens de prêcher; nonobf-'tant qu’on eût promis de vivre comme par le passé, & qu’ilseussent déja fait entendre que, si on le saisoit, ils renon-ceroient à l’Alliance. On leur répondit, qu’on n’avoit pointdonné de place aux Ministres, mais qu’on n’avoit pû s’op-poser à la volonté de Messieurs de Berne, qui les avoientamenez. Qu’ils ne dévoient pas pour cela quitter leur Al-liance, mais plûtòt leur aider contre l’Evêque, qui les vou-loir

le fut prêche , pour la premiers sois,publiquement à Geneve , le premier Di-manche de Mars i s;q. Les Catholiquesen firent beaucoup de bruit ; plii£ devingt, entre lesquels étoient N Icolin Du-C.rest , Jean / f cl , Glrardtn De la Rive ,vinrent le lendemqjn au Conseil des DeuxCent, où ils s’en plaignirent hautement,demandant par quel ordre Tarel avoirprêché, & priant le Conseil de ne luipoint accorder de protection.

A l’occasion de cet évenement, les Dé-putez de Berne vinrent aussi au Conseil.Ils y entrèrent peu de tems après queles Citoyens , dont on vient de parler,en furent sortis. Us dirent qu’ils loùoientDieu de ce que la chose qu’ils avoientsouhaitée depuis fi long-tems, Sc qu’onleur avoir refusé tant de fois , étoit à lafin arrivée , comme par miracle, le St.Esprit ayant inspiré aux Citoyens zèlezpour la pure Religion, de faire ce qu’ilsavoient fait, fans queux non plus y eus-sent en rien contribué : En même teins,ils assurèrent le Conseil , qu’ils n avoienteu aucune part à cela , & même qu’ilsavoient entierement ignoré ce qui devoirarriver : Qssau reste , puis-que cet évé-nement s’étoit passé d’une maniéré quimarquoit si visiblement le doigt de laProvidence > ils prioient le Conseil depermettre à tout le monde d’aller enten-dre le Ministre ^ qui continuèrent à prê-cher dans le même lieu , & de ne faireaucun chagrin , ni au Prédicateur, ni àses Auditeurs. Enfin , ils témoignèrentd être fort satisfaits des honnêtetez qu’onavoir euès pour eux, & ils dirent qu’ayantSoi à peu près ce qu’ils avoient à faire

dans Geneve, ils en iroient bien-tôt ren-dre compte à leurs Supérieurs, qui se-roient toujours prêts à rendre a la Ville,tous les services qui dépendroient d’eux.

Le Conseil fit là dessus une réponse,qui n’agréa pas aux Députez : On leurdit, que n ayant demandé la permissionde faire prêcher publiquement un deleurs Ministres > que pendant le séjourqu’ils feroient dans Geneve , comme ilsétoient fur leur départ, on les prioit deramener avec eux leurs Prédicateurs, pouréviter les divisions & les troubles quïs’éleveroient infailliblement dans la Ville,si l’on continuoit à y prêcher leur Reli-gion , dans un lieu public ; mais quepour appaiscr à l’amiable & d’une manié-ré sure > les difficultez qu’il y avoit par-mi les Citoyens, le Conseil avoit desseinde prier les Seigneurs de Berne & ceux.de Fribourg, d’envoyer des Députez dansGeneve, qui entendroient ceux de l’un& de l’autre parti, & qui , par leur pru-dence, les porteroient à faire entr’eux,une Paix ferme & durable ; qu’on leurremettroit avec plaisir , aux uns S< auxautres, les intérêts de la Ville entre lesmains. Et qu’cnfin , leurs Ministres ces-sant de prêcher, l'on congédieroit aussile Cordelier, dont ils se plaignoient, &que les choses demeureroient dans cetétat, jusqu’à ce que les communs Alliezeussent tout pacifié.

Les Envoyez ne répondirent rien deprécis fur cette' Proposition, qui n’étoitpoint de leur goût , dans la vûë qu’ilsavoient que la Resormation s’établit dansGeneve. 11 íe contentèrent de dire, quec’étoit au Conseil à avoir dans cette cir-

cons-