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Tome premier.
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Livre III. 28 r_

crstemble, maïs ce jour-Ià tout Ic monde crioit contre lui & 1540,demandoit fa mort, même ceux qui ctoient à ses gages &à fa table. II avoit formé un Parti, qui netoit point amides Prorestans, & qui avoit déja fait bannir la plupart desMinistres. Les deux Syndics condamnez en étoient. On lesappelloit les Artichauds, parce que cette faction en avoit prispour fe distinguer, & avoit* coupé tout ce qu’ils en avoic»ttrouvé dans les Jardins. C’étoit aussi comme un mot deguerre parmi eux : d’autres disent que le mot d’Artichaudvient par corruption de celui d’Articulans, à cause des Ar- cticles qu’ils a voient inférez dans le Traité de Berne. La Tac- ~ :i

tion opposée avoit des fleurs vertes pour leur signal, avec lemot de Farel , qu’on entendoit crier souvent par la Ville,aussi bien que celui d Artichaud. Claude Richardes, PremierSyndic de l’an 1538. un des principaux Artichauds, ayantété dans cette sédition, voulut descendre par la muraille dela Ville, mais fe trouvant trop pesant, il fe tua. Ce sontles maux qu’attire ordinairement la diversité des sentimensdans la Religion. Philippe fut condamné à avoir la tête tran-chée, nonobstant l’intercession de ceux de Berne. Ainsi fûtfort étourdie la Faction des Artichauds, par la dilgrace des

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rent qu’ils avoient fait voir en sc ma-ri int , comme ils avoient tait, qu’ils é-toient persuadez que la Messe étoit mau-vaise.

Mais parmi ceux qui eurent à rendreraison de leur Foi, le Conseiller JeanBalard, marqua une franchise qui lui fithonneur. Réduit à la nécessité de s’ex-pliquer fur ce qu’il pensoit de la Reli-gion, il donna le raport suivant par écrin«Si je savois, dit-il, certainement que«la Meffe fut bonne ou mauvaise, je ne«me ferois pas presser pour le dire ; mais«parce que je ne le sai pas avec certitu-«de, je ne dois pas juger témérairement,«& Vos Seigneuries ne me doivent pas«conseiller de le faire. Tout ce que je«puis faire pour leur agréer, est de m’é-îj forcer de croire les Articles de Foi, tels

«que la Ville les croît; car je ne me pi-«que pas de faire secte à part ; a u con-«traire, comme bon Compatriote, je ne«souhaite rien tant, que d’être uni à tous«égards de sentiment avec mes Conci-«toyens. Si Vos Seigneuries me pressent«encore davantage, tout ce que je puis«leur dire , c’est que je crois au Saint«Esprit, Sc à la Sainte Eglise universelle,«Sc que j’ai de la Mcjse la même idée,«qu’en ont les vrais Chrétiens. Signe,Jean Balard.

Cette réponse ne satisfit point le Con-seil, qui lui fit dire, que puis-qu’il nevouloir pas desaprouver la Mejse , d'unemaniéré positive , il n’avoit qu a sortirde la Ville dans dix jours. Balard trou-vant cet Arrêt bien rude, pria le Con-seil de ladoucir , 11 dit , qu’il avoit cru