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286 Histoire de Geneve.
lent, complice de Lentilles, fut saisi par le Baillis de Thonon,à qui il avoua tout. II envoya à Geneve une copie de saconfession. Ils saisirent Lentilles & l’examinérent, mais il nevoulut rien avouer, quelque tourment qu’on lui fit souffrir.On l’envoya à Thonon pour être confronté à son Complice,qui lui soutint le crime ; il ne laissa pas de le nier, malgré laquestion qu’on lui donna, jusques-là qu’il eut lepaule cassée,dont étant mis à bas & dans le lit, il mourut quelques heu-res après, fans dire autre chose, si ce n’est, que si on vou-loir tout nettoyer, on se saisit de tous ceux qui servoientl’Hòpital. Ce qui fut fait, & la plupart ayant tout avoué,surent brûlez tout vifs au nombre de 7. hommes & de 24.femmes. Ils déclarèrent que Lentilles les avoir fait obligerpar des fermens exécrables d’exécuter leurs mauvais desseins,d’engraisser les portes & de multiplier la Peste, jufqu’à ce queceux de Geneve fussent réduits à telle extrémité, qu’on lespût nourrir d’une coupe de bled. On auroit eu de la peineà se persuader, qu’un si grand nombre de personnes eussentconsenti à une si détestable méchanceté, si elles n’avoient faitla même confession, fans sçavoir rien l’une de l’autre. LeChirurgien & deux autres furent tenaillez & écartelez ; & cequi est de plus étonnant, on en surprit quelques uns fur lefait, au même tems qu’on menoit leurs compagnons au sup-plice. Après cela, la Peste cessa peu à peu vers la Toussaints,y étant mort 2000. personnes.
IJ4<5» Les divisions des Citoyens, qui font une autre espcce decontagion non moins dangereuse, suivirent celle-ci. Les liber-tins ne vouloient point souffrir qu’on leur ôtât les Jeux, lesCabarets, & autres freux de débauche s , & les Ministres y
inlif-
s Ce que M. Spon dit ici des Liber-tins. mérite d’être un peu plus étendu,& donnera lieu à des observations, & draporter quelques faits Historiques, dontl’Auteur ne dit mot, quoi-qu’ils soientcependant dignes de la curiosité des Lec-teurs.
La Religion n’avoit pas besoin de Re-formation , seulement par raport au Cul-te & aux Sertimens ; mais elle en avoiraustì besoin à l’égard des Moeurs. S’ilest mal-aisé de faire renoncer tout unPeuple aux préjugez de l'enfance, au pre-mier égard, J est bien plus difficile de
corriger