Livre III. 351_
que quatre ou cinq blessez. On en rendit solemnellement 1589.grâces à Dieu dans tous les Temples, & dès lors les Enne-mis craignant cette poignée de gens, qui leur avoit fait unsi rude accueil, fe barricadèrent dans les Villages, & firent àcelui de Sonzy un Fort , qu’ils nommèrent Sainte Catherine,du nom de la Duchesse.
Le Duc ayant eu avis qu’une partie de l’Armée de Berne,qu’on envoyoit au secours de Ccneve, s'étoit avancée jusqu aune lieue de la Cluíe, fit marcher des Compagnies de Fantas-sins & de Lanciers pour donner dessus. Les Suisses fe ferrèrent& soutinrent vigoureusement l’attaque au Village d’Eicoran,
& obligèrent l’Enncmi de ie retirer en désordre avec quelqueperte. Le Colonel d’Erlach, craignant qu’il ne vint une secon-de fois à la charge avec plus de forces, envoya demanderdu secours à Cex, à Nion & à Geneve, où il fe rendit aprèsavoir renvoyé ce renfort, dont il vit qu’il n’avoit pas be-soin k .
Les Affaires du Duc n’alloient gueres mieux en Faucîgny. Juin..Ses Troupes s’y étoient accrues de quelques troupes de Bres-sans & s étoient venues loger au Village de Felinge, prochede Bonne, dans laquelle commandoit un Capitaine des plushardis , qui les harceloit souvent, défiant même le Barond'Hermance , ou quelqu’autres des Principaux à fe battre,homme à homme. Etant fortifié de quelques Troupes , illes contraignit de quitter ce Poste, où ils vouloient faire unFort pour bloquer Bonne.
L’Ar-
k Le Duc de Savoye fit parler de paix en quelque maniéré à celles que Sanciaux Bernois , auífi-rôt après le départ de avoit emmenées, les Seigneurs de Gene-l’Armée de Sanci. O11 répondit aux Pro- ve étoient tort en pejpe: Ils le témoigné-positions qu'ij fit faire, d’employer pour rent à d’Er/ach , & lui firent sentir quecet effet, la médiation de quelques Can- si le secours n'arrivoit pas promptement,tons ; Que les Seigneurs de Berne traite- , toutes les Conquêtes seroient bien - tôtroient avec plaisir de la Paix , à condi- perdues; ce qui le porta à en écrire sor-tion qu’en pourvoyant à ce qui les regar- tement à Berne, d’où il eut pour répon-doit, on mit audì à couvert les intérêts se ; Que nonolfiant Us amusement de Vaix,de leurs Alliez de Geneve. Ces propo- ce secours fartiroit incessamment , tít qu’ilfilions cependant, retardant le départ des stnivtroit le 19. Juin à Lausanne.
Troupes Bernoises, qui dévoient supléer 1 Aulfi--