1589 -
18. Juin.
* Guiche-non, Hist.de Savoye ,Tom. i.rag./ìi.
352 Histoire de Geneve.
L’Armée de Berne, qui approchoit, composée de quaran-te Enseignes , & commandée par l’Advoyer de Vatteville,fit prendre de nouvelles résolutions au Duc. II conclut avecson Conseil, qu’il falloit tacher d’accabler les Genevois avantl’arrivée de cette Armée, ruinant le Bailliage de Terny, & lesattirant dans quelque embuscade. Dans quelques propositions*qu’il y eut ensuite, entre des Conseillers de Son Airelle & quel-ques Seigneurs de Berne, le Duc se sentant assez fort, leurdemanda la restitution des trois Bailliages qu’on lui avoir nou-vellement enlevé, celui du Païsde-Vaud jusqu’aux Portes deBerne , & dix millions pour les fraix de la Guerre : maisceux de Berne lui firent connoitre de paroles & d’esset, qu’ilsavoient le moyen de lui faire modérer fes prétentions b Lereste de ce mois fe passa en differentes rencontres près du
Fort
1 Aussi-tôt qu’on eut avis dans Genè-ve, de l'arrivée de l'Armée de Berne àLausanne > Rose t Sc Manlich furent en-voyez à l’Avoyer de Vattenville Sc auxautres Chefs , pour les informer de l’é-tat des choses , Sc leur faire sentir qu’ilétoit de la derniere importance, que cet-te Armée avançât incessamment, Sc qu’el-le passat le plutôt qu’il seroit possible delà l’Arve , pendant que les Seigneurs deGeneve croient encore maîtres du Fort ,pour chasser l’ennemi du Bailliage de Ter.nier, qu’il occupoit entierement. LesChefs de cette Armée donnèrent des af-fentimens , qu’elle alloit fe mettre enmarche , Sc qu’eux mêmes viendroient àGeneve., pour s’entendre plus particuliè-rement avec les Seigneurs de cette Ville,fur les opérations de Guerre qu’il seroitquestion de faire. Ils y vinrent effecti-vement , mais on ne prit aucune reíolu-tion: Tout fut suíj^ndu par une Confé-rence qui se tint .1 Saleneuve , entre lesSavoyards & les Bernois, Sc dans laquellefut conclue une Treve de trois semaines,qui devoir durer jufqu’au 15. Juillet.Quichenon dit, que les Bernois f avoientrecherchée , dr qu’on n’y put convenird’aucun accommodement *. Au surplus ,les Articles que les Savoyards proposè-
rent , croient sort differens de ceux queM. Spon ra porte ; car bien loin qu’ilsdemandassent aux Bernois la restitutiondes trois Bailliages , ils les leur remet-toient, à condition qu’ils se déportassentde i’Ailiance de la France, Sc qu’ils a ban-donnastent Geneve.
L argeur commençant à manquer , Sccette Ville n’en trouvant point au de-hors , elle fut contrainte de faire desefforts, pour en tirer de son propre fonds.La paye des Soldats , qui étoient au ser-vice de la Seigneurie, alloit loin, Sc ilfaloit y pourvojr tous les mois : L’onavoir pensé à établir une taxe pour ce-la, sur tous les particuliers de la Ville,de laquelle on se statoit de tirer septmille Ecus tous les mois , en fixant laplus haute contribution à vingt-cinq Ecuspar mois ; On l’avoit même ainsi résoludans le Petit Sc dans le Grand Conlèil ;mais le provenu ne fut pas tel qu’oal’avoit efpcré, la Taxe n’ayant produitpour le premier mois, que trois milleEcus, quoi-qu’on eut tiré le plus qu’onavoir pù des Particuliers , à proportionde leur bien ; ce qui avoir donné lieu àdivers murmures , chacun fe plaignantd’avoir été taxé avec plus de rigueur queles autres, Sc que la Balance n’avoit pas
été