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Tome premier.
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Livre III. 457 _

avoit été plusieurs fois censuré dans le Conseil, & blâmé par j <zoz.le Peuple, d’avoir alors si mal pourvu à la sûreté de la Vil-le ; quoi que le Premier Syndic l’cn eût sollicité le soir mêmeavant l’exécution, suivant lavis qu on lui avoit donné de lamarche de l’ennemi, Blondel avoit trouvé mauvais qu’oneût soupçon de lui, & son impudence le poussa à s’en plain-dre au Conseil, contrefaisant fort le zélé pour sa Patrie. Saplainte tourna à sa confusion ; car un Coutelier, nommé Gui-donnet, qu’il avoit auparavant sollicité pour le rendre com-

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y présenta une Requête , par laquelle ilrequérois avec plusieurs autres Citoyensqui se joignoient à lui, qu’il fut infor-mé de la faute irréparable que Blondelavoit commise, le jour de l’Escalade.

Blondel , qui sut présent à la lecturede cette Requête , se justifia ensuite, dumieux qu’il pût, Sc demanda justice descalomnies de Guidonnet i lequel , fur laréquisition que fit Joseph Blondel Procu-reur Général , frere de Philibert , qu’ileut à déclarer ceux qui s’étoient jointsà lui pour faire cette accusation, dit qu’ilsn’étoient que trois, savoir Ami De UCombe , Brans oh Maurh , Sc MatthieuMeunier.

Comme le Conseil se disposoit à pro-céder au Jugement de cette affaire, Paulde Cambiague Conseiller des Deux Cent,demanda qu'aucun des Síndics de l'annéeprécédente n’en jugeât, parce qu’on leurimputoit d’avoir «u avis de l’enrreprisequi devoir être exécutée le iz.Decembre,sans qu’ils y eussent pourvu. SurquoiClaude Andrion, qui étoit le seul des troisautres qui fut présent, dit pour se justi-fier ; Que sur l’avis qui fut donné laveille de ce jottr-Ià, à une partie du Con-seil qui étoit aux prisons, que l’ennemiavançoit, on le chargea de le faire sa-voir à Bondel son Collègue, qui n'étoitpas dans l’Affemblée ; ce qu’il fit aussi-tôt après dans la rué, près de la Mai-son de Ville, où il le rencontra. Ce saitétant des plus graves contre Blondel , ille nia avec des sermens exécrables : Surquoi il fut arrêté qn’on informeroit furícs faits posez par la Requête de Guidon-

net , Sc fur les défenses de Blondel. Cequi ayant été fait, les Parties furent en-suite entendues en Procès complet & con-tradictoire. Après quoi le Conseil desDeux Cent procédant au Jugement, le8- Novembre, Philibert Blondel fut con-damné à être déposé de sa Charge deConseiller , Sc ses Moulins avec un PrezSc une Vigne, qu’il avoit aquise de deuxparticuliers de Geneve , furent confisquezau profit de l’Hópital, fous cette décla-ration néanmoins, qu’il n'étoit coupabled’aucune infidellité , & qu’il n’encouroir,par la Sentence qu’on rendort contre lui,aucune note d’infamie.

Quand elle lui fut prononcée, il pro-testa que prenant tout de la main deDieu, il ne laistèroit pas d’être fidelleserviteur de la République, Sc demandaque ne pouvant plus faire avec honneur,son séjour dans Geneve , il lui fut per-mis de se retirer ailleurs, chez quelquesuns des amis de l’Etât ; fur quoi on neprit aucune résolution.

Pendant l’année suivante i6oq. il nese pasta rien de particulier par raport àBlondel : Mais en 1605., il essuya de ru-des disgrâces. Lassé de la vie privéequ’il menoit, il fit prier le Conseil aumois de Janvier, de lui donner l’enrréedans le Conseil des Soixante,,ou dumoins dans celui des Deux Cent : Maisil ne put rien obtenir. Quelque temsaprès , il présenta requête au Conseil desDeux Cent, pour être reçu dans ses faitsjustificatifs, ce quj lui fut refusé. 11 re-nouvella la même demande au bout deLx mois, Si il accusa en même tems.

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