_ _ 468 Histoire de Geneve.
I609. lobligea de fuïr promptement hors de la France, de peur deporter fa tête en Grève. 11 fe retira en Flandres vers les Ar-chiducs , où il fut bien reçu. II y fit trois entreprises fans ef-fet, deux fur Berg-op-Zom , & l’autre fur l’Eclufe. Aprèsquoi y ayant trêve en ce Pais - là, il alla en pèlerinage àLorette, avec un Bourdelois nommé la Bastide , grand Petar-deur de Places. Passant par Turin, à leur retour, ils saluè-rent le Duc de Savoye, qui s’ouvrit à eux, de la passionqu'il avoir de fe rendre Maître de Geneve, par quelque en-treprise. Ils lui en proposèrent les moyens , & lui offrirentleur service , qu’il accepta avec grand témoignage de recon-noiísance, faisant dès lors présent à du Terrail de 700 . Du-catons & dune Enseigne de pierreries, qui valoit 300. Ecusd’or; & à la Bastide de 260. Philippes, 'les chargeant dallerpremierement reconnoitre la Garde, les Forces & ietat de laVille.
La Bastide alla à Geneve, il observa tout exactement; étantretourné vers Son Altesse, il lui rapporta ce qu’on avoir changédans la Fortification depuis l'Efcalade. Sur quoi le Duc fîtaussi reformer son ancien Plan, & ils discoururent ensemblede leur dessein. Du Terrail étoit d avis de surprendre par lePétard, ou autrement, une des Portes de Geneve. La Basti-de dit que cetoit une chose impossible, & de trop grande risque, pour le grand nombre de défenses qui étoient aux Por-tes , & pour la garde exacte qui s’y faifoit. Ce qu’il propo-sa ensuite fut approuvé par le Duc & par du Terrail même.Ce fut de surprendre le Port du Lac, où il n’y avoir pas desGardes réglées, & où, avec bon nombre de Soldats qui yferoient descente, on fe failîroit de la Porte de Rive, & onfe rendroit maître de la Ville fans aucune dissiculté. II n e-toit plus question que de la maniéré de l’execution à suivre.Ils se transportèrent donc tous deux du côté d’Evian au borddu Lac, où ils demeurèrent huit jours; s’informant des Bat-teliers qui frequentoient à Geneve, de la disposition des Gar-des du Porc, & de la visite qu’on faifoit aux Batteaux. Ils
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