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Tome premier.
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469
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Livre III. 469 __

- apprirent beaucoup de défauts qui s’y commettoîcnt ,• mais 1609.pour en être plus assurez , la Bastide traversa le Lac, alla àMorges, où il s’embarqua fur une Barque de Genevc ,* danslaquelle y étant entré, il remarqua l’état du Port, & de laPorte de Rive, s’en retournant par terre. Etant vers le Duc,ils rassurèrent du succès de leur entreprise , qui fut renvoyéeà la fin de Mai. Ils dévoient prendre en Savoye cinq grandsBarreaux plats, fur lesquels on charge du Bois, & loger 200.

Soldats dans chacun lous le Bois rangé, avec lesquels ils cn-treroient fans soupçon dans le Port, tuëroicnt les Visiteurs,fauteroient en gros hors des Batteaux, fe failïroienr de la Por-te de Rive, pour y faire entrer nombre de Cavalerie, quife rendroit près de Genevc à l’heure a/signée', en attendantlaquelle elle demeureroit à couvert dans les vallons du côtéd’Ëvian, écartée du commerce de ceux de Geneve, avec lesgens qu’on mettroit dans ces Batteaux , qu on ne feroit em-barquer qu'à la saveur de la Bize, qui les porteroit en peud’heures à Geneve. Pour ce qui étoit de la Cavalerie, onl'astèmbleroit vers Annecy, lous le bruit des Noces du Ducde Nemours.

Cette Entreprise ne sc fit point si sccrettement que ceux de ^

Geneve n en eullent quelque vent, sans en pouvoir néanmoinsdécouvrir le fonds. Le plus sûr avis qu’ils en eurent, futcelui-ci. Du Terrail ayant joué au jeu de peaume à Cham-beri, fe fit frotter, & pendant ce teins-là, la Bastide & quel-ques autres lui présentèrent un papier où étoit le Plan de Ge-neve , discourant entr’eux assez bas comme d’assaires d’impor-tancej néanmoins le Valet de tripot, qui lui chaussoit une che-mise, ouït qu’ils parloient de Geneve. Cela lui fit encoredavantage prêter l’oreille, & il comprit qu’ils s’entretenoientde quelque entreprise fur cette Ville, ayant ouï ces mots dedu Terrail: Ils font fris , ils ne s’en peuvent dédire. Ce Va-let qui avoir un frere dans Geneve, l’alla rapporter à un Mar-chand de cette Ville, qui étoit pour lors à Chambery, lepriant d’en avertir son frere, asin qu’il fe sauvât de ce danger.

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