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Tome premier.
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_47° fímOIRE DE GENEVE.

lóOÇ* Le Marchand de retour à Geneve en avertît non seulement cefrcre^ mais aussi les Magistrats, qui ne méprisèrent pas lavis.Ils le tinrent néanmoins secret, & envoyèrent des espions partoute la Savoye pour découvrir les allées & venues de duTerrail. Ils recouvrèrent son portrait, & ayant appris qu’ildevoir venir reconnoitre la Ville, ils donnerent à plusieurspersonnes des environs, des enseignes pour l’arrêter.

Quelques jours s’étant écoulez, du Terrail & la Bastide étantpartis de Turin pour aller en Flandre prendre congé des Archi-ducs, & retirer leur équipage, qu’ils y avoient laissé, avecordre du Duc d’en amener ceux qu’ils trouveroient les pluspropres à leur. entreprise, ils furent reconnus comme ils pas-íòient les Monts. On en donna avis aux Baillifs du Païs deBerne. Eux, fans se douter de rien, traverserent le Lac &une partie du Païs de-Vaud, ne logeant que dans des Villa-ges & Hameaux, & arrivèrent à Yverdon petite Ville desBernois T frontière de la Franche Comté.

Du Terrail, passant fur le Pont de la Ville, salua le Bail-lis qu’il y rencontra, sans être remarqué: mais un Diacre quiétoit en son Jardin, & auquel un Syndic de Geneve avoitenvoyé des marques pour reconnoitre du Terrail, le voyantvenir de loin le salua, & se doutant que ce fut lui, pritgarde s’il étoit chauve: ce qu’ayant reconnu, il alla prompte-ment avertir le Baillis, qui envoya deux hommes après pouraprendre leur route, avec charge de les suivre jusqu’au gîte.11s le firent, & le remarquerent encore mieux selon la pein-ture qu’on leur en avoit donnée. Un deux revint à Yver-don rapporter qu’ils étoient logez au village de Villebçeuf.D’abord le Baillis y envoya quatre Cavaliers, avec ordre dese faire donner main-forte, & de les amener. Ils les trou-vèrent prêts de monter à cheval, & les ramenèrent à Yver-don. Du Terrail dit au Baillis, qu’il étoit un Gentilhommede Dauphiné, & qu’il s’appelloit Paul de Conflans, qu’il al-loit en Lorraine poursuivre un Procès. Le Baillis ne se paya4 »s de cette monnoye. II écrivit à Geneve, asin qu’on en-

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