Vingtième Siècle.
vous découvert dans ce menu une faute gastronomique assez sérieuse lconstituer une hérésie?...
- Non, ce n’est pas cela... Je suis, vous le savez, quelque peu con-naisseur, et je pourrais facilement, à ce titre, vous signaler des petite
erreurs; mais ce n’est pas cequi m’a fait faire la grimaceque vous avez surprise...
— Qu’est-ce donc?
— C’est votre compagnied’alimentation que je n’aimepas...
— Comment, fit M mo Con-tran, vous ne nous approuvezpas d’avoir suivi le progrès etde nous être abonnés à...
— Je n’approuve pas votrechoix !
— Pourtant la Compagnienouvelle d’alimentation sert trèsbien ses abonnés... je n’ai en-core eu anenne plainte ou récla-mation à formuler...
■— Tant pis.
Le marteau pilon de l'usinealimentaire.
Tant pis.
Ce qu’elle nous sert est excellent!... cuisine moelleuse, fine, déli-cate et variée...
Tant pis...
■— Ses vins sont exquis.
— Tant pis, vous dis-je.
— Comment, tant pis ?
— Mais oui, je déplore cette perfection dans le service, ce moelleuxet cette délicatesse des mets, cette exquisité des liquides... Comme convive,je vais tout à l’heure savourer toutes ces qualités, mais comme actionnaired une compagnie concurrente, j’en aurai la mort dans l’âme. »
Tous les invités des Saint-Ponto se mirent à rire.
« Comment ! s’écria Gontran de Saint-Ponto, vous, Ponto, banquierplein de flair, vous avez encore des intérêts dans la Grande Compagnie‘Ialimentation? Vous m’étonnez, mon cher! Je ne donne pas quatre ans à