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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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79
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Vingtième Siècle.

vous découvert dans ce menu une faute gastronomique assez sérieuse lconstituer une hérésie?...

- Non, ce n’est pas cela... Je suis, vous le savez, quelque peu con-naisseur, et je pourrais facilement, à ce titre, vous signaler des petite

erreurs; mais ce n’est pas cequi m’a fait faire la grimaceque vous avez surprise...

— Qu’est-ce donc?

— C’est votre compagnied’alimentation que je n’aimepas...

— Comment, fit M mo Con-tran, vous ne nous approuvezpas d’avoir suivi le progrès etde nous être abonnés à...

— Je n’approuve pas votrechoix !

— Pourtant la Compagnienouvelle d’alimentation sert trèsbien ses abonnés... je n’ai en-core eu anenne plainte ou récla-mation à formuler...

■— Tant pis.

Le marteau pilon de l'usinealimentaire.

Tant pis.

Ce qu’elle nous sert est excellent!... cuisine moelleuse, fine, déli-cate et variée...

Tant pis...

■— Ses vins sont exquis.

— Tant pis, vous dis-je.

— Comment, tant pis ?

— Mais oui, je déplore cette perfection dans le service, ce moelleuxet cette délicatesse des mets, cette exquisité des liquides... Comme convive,je vais tout à l’heure savourer toutes ces qualités, mais comme actionnaired une compagnie concurrente, j’en aurai la mort dans l’âme. »

Tous les invités des Saint-Ponto se mirent à rire.

« Comment ! s’écria Gontran de Saint-Ponto, vous, Ponto, banquierplein de flair, vous avez encore des intérêts dans la Grande Compagnie‘Ialimentation? Vous m’étonnez, mon cher! Je ne donne pas quatre ans à