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Le Vingtième Siècle.
les pauvres diables qui n’ont pu épouser plus d’une femme ou deux sontobligés de travailler. Pour les autres, pour les gaillards qui ont eu lachance de conduire sept on huit misses devant l’officier de l’état civil, la vies’écoule heureuse et tranquille. J’ai pénétré dans quelques intérieurs depatriarches, et j’ai vu que la devise était : ordre et discipline! L’époux estle chef, on le vénère et on le choie ; d’ailleurs, il y a dans chaque districtet arrondissement une espèce de salle de police ou de maison de correctionpour les épouses qui se montreraient acariâtres ou récalcitrantes. Un simplemot du mari au commissaire de police, et les policewomen viennent cher-cher l’épouse coupable pour la conduire à la Correctional House, où lasolitude et les sermons des prédicateurs attachés à l’établissement l’indui-ront en de salutaires réflexions.
« Tout l’ancien système politique de l’Angleterre a été changé; les lordsétant partis dans les Indes à la suite de l’ancien gouvernement, la Chambredes lords est devenue la Chambre des évêques ; la Chambre des com-munes est restée, mais le système électoral a été profondément modifié.
« Voici sur quelles bases le cens électoral est établi :
Est électeur de paroisse le mari do 2 femmes.
— d’arrondissement — 4 femmes.
— pour la Chambre hante — G femmes.
Est. éligible — 8 femmes.
« Je viens d’assister à un meeting électoral à Chelsea, spectacle du plushaut comique. Les candidats sont sur une estrade, chacun avec ses épouses.Ces dames prennent part à la lutte oratoire, chantent les louanges de leurmari et abîment ses concurrents. Ce qui donne un intérêt palpitant àl’élection de Chelsea, c’est que la femme d’un candidat est une ancienneépouse divorcée d’un autre candidat (le divorce, bien entendu, est admispar l’Angleterre mormonne). L’épouse divorcée houspille avec fureur sonancien mari; elle l’attaque d’abord dans sa vie politique, l’accusant d’hypo-crisie, de vénalité, de tiédeur, et passe ensuite à sa vie privée. Le candidatriposte vigoureusement, ses épouses fidèles prennent part à la lutte... Lajoute oratoire dégénère bien vite en bagarre, ces dames se giflent et sedérangent quelques fausses nattes.
« Le soir, quand je rentre de mes promenades, M. Percival Douglascontinue à me combler d’attentions et ses filles à me bourrer de gâteauxet de tasses de thé. L’aimable patriarche et ses éponses dévoilent de plus