Buch 
Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
Entstehung
Seite
338
JPEG-Download
 

338

Le Vingtième Siècle.

La résolution de Philippe était prise. Le difficile était maintenant dedécider son père à rompre l’affaire Cardonnaz pour en conclure une autresi désavantageuse. Qu’allait dire M. Ponto ? D’un côté les deux cents mil-lions de dot de M Ue Cardonnaz, et de l’autre les dix petits mille francs derente d’Hélène ! Un esprit sérieux et pratique 11e devait pas hésiter.

Philippe réfléchit. Il ne dirait rien à son père. Profitant de l’absencede M. Ponto, parti pour passer l’après-midi à Paris , Philippe fit part desa résolution à sa mère et n’eut pas de peine à la mettre dans ses intérêts.D’ailleurs M mo Ponto était préoccupée, elle avait à rédiger un projetde manifeste des députées féminines de la Chambre. Le temps lui man-quait pour discuter avec son fils ; en outre, elle n’aimait pas beaucoup lamère de M Ue Cardonnaz, qui l’avait sourdement combattue dans les comitésdu xxxm e arrondissement, de sorte qu’elle fut enchantée d’être agréable àson fils et désagréable à M me Cardonnaz.

Barnabette, camarade de collège d’Hélène, entra aussi dans le partide son frère et voulut immédiatement aller embrasser sa future à l’hôtelde Rouen .

Philippe avait son plan.

En conséquence de ce plan, quelques jours après, un matin queM. Ponto était parti pour Paris , M. l'administrateur de l’agence centraleconduisait Hélène, vêtue de blanc, à la mairie de Mancheville, et se rencon-trait dans la salle des mariages avec la famille Ponto, moins M. Ponto.Après les formalités d’usage, M. le maire de Mancheville se penchant^versle téléphone de la mairie, fit sonner le timbre et dit ces simple mots :

« Mettez-moi eu communication avec M. Raphaël Ponto, rue deChatou, à Paris . »

Une sonnerie annonça au bout d’une minute que la communicationétait établie.

« Monsieur Raphaël Ponto, consentez-vous au mariage de M. Phi-lippe Ponto avec...

— Tiens, reprit la voix de M. Ponto, c’est donc pour aujourd’hui ?...je suis si distrait que je l’avais oublié...

— Monsieur Raphaël Ponto, consentez-vous au...

— Oui ! répondit M. Ponto ; excusez-moi, je suis occupé, séance duconseil de Central-Tube. Dites à M me Ponto que je serai à Manchevillepour le dîner. »

Philippe était le mari d’Hélène, son plan avait réussi. O11 sait que les