Buch 
L' alcool et le tabac / A. Riant
Entstehung
Seite
87
JPEG-Download
 

l’alcool

87

Le travail de la ferme est un travail quelque peuirrégulier, intermittent : il a ses époques d’acti-vité, et ses moments de repos, de chômage relatif.L’hiver, quand la terre semble sommeiller, le cul-tivateur a des jours de calme qui contrastent sin-gulièrement avec l’activité fiévreuse des périodesde la moisson ou de la récolte. Ne serait-ce pas un■bienfait que de mettre à profit ces moments derepos, d’inactivité forcée, de remplacer cette perte detemps, de forces, d’argent, par le travail indus-triel?

L’homme ne commande pas aux saisons, et il nepeut devancer d’une heure le moment de la germi-nation, de la maturité et de la récolte.

L’industrie lui est entièrement soumise. La ma-chine fonctionne quand l’homme le veut, et sus-pend son travail quand il l’ordonne.

Voilà assurément un merveilleux moyen d’uti-liser les heures inoccupées du travail agricole, etd’assurer aux profits comme aux salaires un tauxplus élevé et plus régulier.

Tout est-il aussi avantageux dans cette union del’industrie et de l’agriculture, de la fabrique et dela ferme, dans ce rapprochement de l’ouvrier deschamps et de l’ouvrier des villes ?

La moralité et tes antiques vertus du cultivateurne souffriront-elles pas du contact des idées, deshabitudes nouvelles importées par l’ouvrier del’industrie ?

N’est-il pas à craindre aussi que les gros gainsn’inspirent l’idée malheureuse d’abandonner tout à