94 l’alcool
pour montrer jusqu’où on peut pousser l’effronteriedans cette voie.
On le fabriquerait avec les ingrédients suivants :
Cuir neuf râpé. 2 kilogrammes.
Ecorce de chêne pilée . 500 grammes.
Clous de girofle. 15 grammes.
Goudron. 15 grammes.
Alcool de mélasse. . . . 180 litres.
C’est, on le voit, un rhum suffisamment artificiel !
Il est bien probable pourtant que sur l’étiquetteil est indiqué comme vieux rhum de la Jamaïque !
Nous ne tarderons pas à voir se réaliser cheznous, en cette matière, des progrès aussi transcen-dants que ceux dont l’Amérique nous donne letriste et contagieux exemple.
« On raconte qu’un Ecossais qui habite Chicago prépare de l’alcool avec des balayures et orduresdes rues, les restes pourris de toute provenance,les rats morts et autres horreurs. Tous ces débrissont soumis à une cuisson, qui permet de recueillird’abord une bonne quantité de graisse; le reste sedistille et fournit un alcool fort limpide. Avec discharrettes de détritus, on obtient en moyenne30 livres de graisse pour la savonnerie, et 40 gal-lons (plus de 18 litres) d’alcool à 90 degrés *. »
Voilà une nation qui ne veut rien perdre, et desconsommateurs que leur passion pour l’alcool nerend pas difficiles sur la provenance de cette bois-son !
1. Bergeret. De Vabus des boissons alcooliques -