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L' alcool et le tabac / A. Riant
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l’alcool

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On sait quelle place le petit verre tient dans leshabitudes des ouvriers des grandes villes. Lesmoins imprudents mangent le matin un peu depain, en buvant un petit verre d’eau-de-vie ou deliqueur ; les autres boivent l’eau-de-vie, l’estomacvide, sans manger.

Cette habitude a sa raison d’être, disent-ils, c’estpour tuer le ver.

Cela se dit et se répète depuis longtemps, témoince passage du Journal d’un bourgeois de Paris,sous le règne de François I er :

€ Auditan 1519, mourut subitement Mlle... femmede M. de la Vernade, l’un des maîtres des requêtesdu roi, et fille de feu général Briconnet d’Orléans — dont elle fut overte, et lui fut trouvé un ver-envie sur le cœur, qui lui avait percé le cœur, et lorslui fut mis sur le cœur du métridal (poison) pourle faire mourir, mais il n’en mourut point. Puis yfut mis du pain trempé de vin, dont incontinent ledit ver mourut. Parquoi il ensuit qu’il est expédientde prendre du pain et du vin au matin, au moinsen temps dangereux, de peur de prendre le ver. t

Ce ver, si difficile à tuer, est l’image do l’erreuret du préjugé, qui n’ont pas, on le voit, la viemoins dure, puisque tant d’hommes portent chaquejour une si profonde atteinte à leur santé en répé-tant niaisement une phrase aussi vide de sensaujourd’hui qu’il y après de quatre cents ans, et enfondant sur elle une pratique absurde.

Mais on ne se contente plus du verre do vin quidevait avoir cette destination spéciale.