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l’alcool
Une fois dans cette voie, on ne s’arrête plus.
Brillat-Savarin raconte qu’ayant voyagé en Hol-lande avec un riche commerçant de Dantzick, quitenait depuis cinquante ans la première maison dedétail en eaux-de-vie, celui-ci lui dit :
« On ne se doute pas en France de l’importancedu commerce que nous faisons de père en fils, de-puis plus d’un siècle. J’ai observé avec attentionles ouvriers qui viennent chez moi, et quand ilss’abandonnent sans réserve au penchant, trop com-mun chez les Allemands, pour les liqueurs fortes,ils arrivent à leur fin, tous à peu près de la mêmemanière.
« D’abord, ils ne prennent qu’un petit verre d’eau-dfc-vie le matin, et cette quantité leur suffit pen-dant plus ou moins de temps ; ensuite, ils doublentla dose, c’est-à-dire qu’ils en prennent un petitverre le matin et autant vers le midi. Ils restentd’abord à ce taux. puis, ils en boivent réguliè-
rement le matin, à midi, et le soir. Bientôt, ils enviennent à en prendre à toute heure, et ils n’enveulent plus que de celle dans laquelle on a misinfuser du girofle ; aussi, lorsqu’ils en sont là, il ya certitude qu’ils ont tout au plus six mois à vivre;ils se dessèchent, la fièvre les prend, ils vont àl’hôpital et on ne les revoit plus. »
Nous parlerons plus en détail des maladies aux-quelles se condamnent ceux qui se laissent aller àde telles habitudes. Ici il importait seulement demontrer quel empire absolu elles prennent sur ceuxqui y sacrifient une fois.