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L' alcool et le tabac / A. Riant
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l’alcool

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L’abus du vin et des liqueurs se traduit de deuxmanières distinctes : l'ivresse accidentelle d’unepart, dont il est inutile de faire le triste tableau ; del’autre, la consommation régulière, continue, de pe-tites doses incessamment répétées, n’entraînant pasla perte immédiate de l’intelligence, mais amenantpeu à peu et sans bruit les altérations les plus gra-ves de l’individu physique, intellectuel et moral.

Cette dernière manière de satisfaire la soif alcoo-lique est favorisée par les nombreux comptoirs oùl’on peut, en passant, sans s’asseoir, comme dans lesgin-palaces de Londres , prendre un verre de liqueur.

Le nombre de ces débits de boissons a grandidans une effrayante proportion en France , et parti-culièrement à Paris .

Les cafés et estaminets contribuent également àrépandre ce goût.

Nous avons montré ailleurs que ces établisse-ments, rivaux heureux des cabarets, sont au nom-bre des débouchés les plus achalandés des liqueursalcooliques. L’alcool y est devenu l’accompagne-ment obligé du café, qui n’est plus la plupart dutemps qu’un prétexte, qu’un accessoire l .

Mais on aurait tort de croire que la grossièreivresse a disparu, supplantée par le régime alcoo-lique nouveau, et qu’elle est devenue incompatibleavec notre état de civilisation, si avancé!

Voici des chiffres qui ne doivent laisser aucuneillusion.

1. Le café, le chocolat, le thé. Haebette, 1875.