LE TABAG
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Qu’aurait dit le grand comique, s’il avait parlédu tabac à fumer, et des habitudes antisocialesqu’il entraîne !
On déserte les salons, les réunions de famille, oubien on les transforme en tabagies, en estaminets.
Jacques I«, roi d’Angleterre, dans son célèbrepamphlet , avait déjà poussé le cri d’alarme, et neménageait personne sur ce point, pas même lesdames!
« Sans tabac, disait-il, on ne croit pas avoirtraité un hôte assez somptueusement ; sans tabac,point de société agréable ; sans tabac, point de mé-decine efficace. Si du moins cette manie fût restéele partage exclusif des hommes! Mais aujourd’huiles femmes éprouvent le besoin de dépraver leurhaleine, afin de pouvoir supporter l’haleine fétidede leurs maris I »
L’opinion do Montesquieu, pour être expriméemoins crûment, n’était pas plus favorable au tabac :
« Chaque siècle, dit l’illustre penseur, a sa folieaussi bien que ses mœurs, dont aucun peuple n’asu encore s’affranchir, et comme triste exemple decette vérité qui se passe sous nos yeux, n’est-ce pasune véritable folie que cette aberration de mœursoù l’on voit dos populations entières, puis la fa-mille et la société, déserter le foyer domestique,pour courir aveuglément au plus délétère, au plusperfide des poisons, à un poison qui s’attaque à lafois à la santé, à l’intelligence et à la fortune, ausort physique et moral de l’homme, à tous les in-térêts sociaux, même à l’existence politique d’uno