LE TABAC.
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vons déjà vu, c’est la Havane qui fournit les meil-leurs cigares. Les crus les plus estimés de l'île deCuba , dont la Havane est la capitale, sont récoltésdans la Vuelta Abajo, plaine de 12 lieues de longsur 7 ou 8 de large, partant de la mer, .à l’ouest del’île; le sol est très riche en potasse et au toucherrappelle le savon. Il faut sans doute attribuer lesqualités exceptionnelles du tabac de cette région auxconditions climatériques, à la nature des terrains etaux alluvions qu’apportent les rios. Les feuilles,après récolte et dessiccation, sont mises en massesdites pilons , qui sont construites suivant des formesrégulières, puis elles sont réparties en qualités aunombre de dix ou onze. Les cinq premières donnentdes capes ; on en trouve encore dans la sixième, laseptième et la huitième, mais les dernières ne four-nissent que des tripes.
Les feuilles sont soumises à un traitement parti-culier qui a une grande importance, c’est le bélu-nage. Les gravillas, groupes de vingt-cinq à trentefeuilles, sont arrosées avec un liquide appelé bétun ;réunis, ils forment des ballotins ou manocos, aveclesquels on fait des balles appelées tertios. Les ter-tios, enveloppés de feuilles de palmier, pèsent de10 à 70 kilogr., suivant les qualités. La fermentationpar le bétun ne commence que huit jours après lesmanipulations, alors se manifestent les calanteras, oufièvres, qui durent de mars à octobre. Le bétun estainsi composé : pour 100 litres d’eau, 8 à 10 kilogr.de débris de feuilles, de tiges et de côtes de bonnequalité. Sous l’action du soleil prolongé pendant
uit jours, la putréfaction qui se produit dans ces