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Le tabac : études historiques, chimiques, agronomiques, industrielles, hygiéniques et fiscales sur le tabac à fumer, à priser et à mâcher : manuel pratique à l'usage des consommateurs-amateurs, planteurs et débitants / Albert Larbalétrier
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LE TAHAC .

conditions développe une odeur semblable à celle del’urine en décomposition, circonstance qui a faitcroire aux étrangers que les Havanais arrosaientleurs tabacs avec de l’urine. La fermentation dontnous parlons développe l’arome, assure la conserva-tion et diminue le taux de nicotine, qui tombe, de7 à 8 p. lüO, à 2,o ou 3.

La Régie française entretient à la Havane une mis-sion d’ingénieurs pour l’achat des feuilles et des ci-gares. Le talent des fabricants de la Havane consisteà employer le tabac au moment favorable : ilsprennent des feuilles, les roulent en cigares et lesdégustent. S’il y a lieu, ils font trier les balles defaçon à retirer les capes, qui ne subissent plus aucuntraitement, les intérieurs sont encore arrosés avecun peu de bétun et fermentent légèrement dans descasiers où ils perdent un peu de nicotine. Les ci-gares sont triés avec soin par nuances, puis mis dansdes boîtes, où ils sont légèrement comprimés, sé-chés ensuite dans des armoires dont on ouvre ou onferme les portes suivant l’état hygrométrique. Maispeu de fabriques sont bien tenues, les nègres roulentles cigares sur leurs cuisses et chiquent en travail-lant.

Comme le prix de la main-d’œuvre est fort élevéà la Havane et qu’on y fait dans les fabriques unvéritable gaspillage de feuilles, il était tout naturelde chercher à fabriquer, en France , des cigares dela Havane; malheureusement il est assez difficile là-bas, à cause de l’intérêt que les gens du pays ont. àfabriquer eux-mêmes ces excellents produits, de seprocurer des tabacs en feuilles; de plus, on ne sait