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LE TABAC.
vu un Hollandais avaler tout le sue d’une éponge lo-gée dans le tuyau de sa pipe, sans pour cela en res-sentir aucun symptôme sensible.
J’ai souvent entendu dire, continue le D r Félix Bré-mond, à mon premier maître de l’hôpital Cochin , leregretté Morel-Lavallée, qu’une petite quantité desalive chargée des principes actifs du tabac augmenteles forces digestives.
Est-il vrai que les fumeurs perdent l’appétit? Nul-lement, répond Michel Lévy, mais le cigare trompela faim comme ferait toute autre diversion. Il trompeaussi la douleur. Plus d’une fois nous avons vu desmalades fumer pendant qu’on leur coupait bras oujambe, imitant en cela le général Moreau, qui, au mo-ment d’être amputé des deux cuisses, demanda àfumer sa pipe pendant la sanglante opération.
M. Didiot, l’éminent directeur du Yal-de-Grâce,dans son Code sanitaire du soldat, exprime l’opinion« qu’on doit considérer le tabac comme un moyentrès utile de distraction et de compensation aux mi-sères du soldat », et il ajoute : « Ce serait affecter unrigorisme déplacé que de lutter contre un usage quiprocure au moins des consolations dans les situationsles plus critiques.
M. Morache, professeur agrégé au Yal-de-Grâce,dans son traité si apprécié d’Ilygiène militaire, avoueque « pour le soldat fumeur la privation de tabacdans le cours d’une campagne serait réellement dé-sastreuse ».
Terminons ces témoignages en ajoutant que lesage Haller ne pouvait se passer de sa pipe, et son-geons au résumé des débats.