(septembre 1791,
MORAL DK L ASSEMIILÉK.
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et d autre, en injures et en menaces, ce qui n’empêchait pas les députésdêlre très-susceptibles sur les mots. Au reste, toute rumeur cessait devantI ordre des présidents pour lesquels les députés avaient toujours une grandevénération.
Dans ses rapports avec le public ,'voici quelle était la situation de l’as-semblée. La nomination des présidents, faite dans les bureaux et seulementà la majorité relative, intéressait vivement les clubs, les sections, lesdistricts, et même les dernières classes du peuple. Ils lui faisaient desprésents, tels que livres, bustes de grands hommes, tableaux; maisl’assemblée les acceptait sans s’astreindre pour cela à placer cesobjets dans le lieu de ses séances. Ils lui envoyaient des députations,adhéraient à ses décrets et parfois la devançaient dans la solution de cer-taines questions politiques; aussi l'assemblée se préoccupait-elle davantagedes clubs que des avis ou des reproches de la presse.
Les décrets de l’assemblée nationale ont été rédigés d'une façon assezpeu littéraire.
S’il faut maintenant jeter un coup d’œil sur le moral de ce beau corpspolitique, il nous'suffira, pour ainsi dire, d'un seul rapprochement de dates.En 1789, il agissait violemment vis-à-vis de la royauté,—et s'inclinait devantelle ; en t l791, il fut froid et impassible, se faisant à diverses reprises ledéfenseur’de Louis XVI , — mais il avait substitué implicitement la souve-raineté.du peuple au droit divin de la monarchie. C’est que l'assembléenationale pensait, à ses débuts, ne devoir son existence qu’à la seulevolonté du prince, et que peu-à-peu, à mesure que le peuple gagnait duterrain, soit par des insurrections, soit par les exigences de la presse, elles’est persuadée tenir ses droits de la puissance populaire. Eu égard auxtalents de ses membres , on peut affirmer que peu de réunions parlemen-taires ont été aussi remarquables. Sur la fin, cependant, elle eut l'aspectd’un club plutôt que celui d’un pouvoir délibérant. Consultons un journaldu temps. « Le premier sentiment que donne l’aspect de l'assemblée estpénible pour tous les esprits, dit-il. Les imaginations froides y cherchentcelte tranquillité, ce calme réfléchi qui parait maîtriser l’attention, maisqui, le plus souvent, étouffe l’intérêt. Les imaginations puériles y cher-chent un éclat qui leur en impose. Les imaginations exaltées regrettentl’illusion qui leur montrait ce tableau d’une manière magique. Les espritsles plus justes gémissent de ce que des hommes assemblés pour délibérersur le bonheur de tous soient assujettis à tant de distractions, troublés partant de mouvements *. »
En somme, ajouterons-nous, l’assemblée nationale a été pareille à un
* Les Indépendants, journal. 1701.