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1)K QUELQUES DÉPUTÉS.
(octobre 1791)
Connaissez-vous nos députés?
choeur.
Non.
Connaissez-vous leur origine?
CHOEUR.
Non.
Connaissez-vous ces gueux crottésDepuis les pieds jusqu'à l'échine?
CHOEUR.
Non.
Avez-vous vu des va-pieds-nus?
Eh bien! vous les avez tous vus *.
Quoiqu’il en soit, l’assemblée législative semblait devoir acquérirbien vite une haute influence. La moitié des députés environ étaienthommes de loi. On y remarquait quelques journalistes, dont les plusfameux étaient Condorcet et Brissot de Warville ; comme aussi desimples motionnaires ou électeurs renommés par leur ardeur civique sousla constituante, tels que Cl. Fauchet, 1 e procureur-général de la vérité,devenu évêque constitutionnel de Caen ; Cérutti,le panégyriste de Mira-beau; PastoretetLamourette. Au reste, Condorcet avait perdu toute popu-larité en siégeant au Cercle social. Quant à Brissot , il jouissait d'une fortmauvaise réputalion. Brissotter , chez le peuple, voulait dire friponner.« Tu m’as brissotté ma toupie, » criaient les enfants des rues. Tel était leproverbe : etfactus sum proverbium, disait Camille Desmoulins en parlantde Brissot .
Une caricature montrait Brissot mettant ses gants, c'est-à-dire, volantadroitement une paire de gants dans la poche d'un passant; une autrereprésentait le roi au milieu de son conseil des ministres. Il leur dit : « Ahçà, messieurs, qui est celui d’entre vous qui a brissotté ma tabatière? qu’illa garde , mais qu’il rende au moins le portrait de la reine qui était dessus. »— Le premier ministre dit : « Ce qui est bon à prendre.... » est bon àgarder, interrompt un autre ministre. Le sentinelle qui est à la porte fait
• Journal de la Cour ei de la Ville.