(novembre 1791)
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ment après qu’on n’appellerait Louis XVI ni sire, ni sa majesté , mais seule-ment roi des Français , lorsqu’il se rendrait pour la première fois aux séances;qu’il n’aurait qu’un fauteuil semblable à celui du président, et qu’on s’assié-rait devant lui. —Louis s’était déjà, soi-disant, glorifié du nom de roi dela canaille. — En môme temps, on décréta que les bustes de J.-J. Rousseauet de Mirabeau seraient placés dans la salle. Ajoutez à ces mesures démocra-tiques la suppression des tribunes privilégiées cl du titre d’ honorable membre,et vous comprendrez, dès l'abord, la marche que la nouvelle assemblée vou-lait suivre, bien que ces mesures ne fussent pas toutes mises à exécution*.
Déjà un parti formidable, surtout par les talents et l’honnêteté des vues,s’élevait dans son sein, sous le nom de Girondins , parti qui soutenait les répu-blicains du dehors, et qui avait à sa tête Vergniaud, célèbre avocat; Con-dorcet, publiciste; Guadet, homme de loi; Gensonné , membre du tribunalde cassation, et Ducos, négociant, tous députés du département de la Gi-ronde. Les Girondins allaient commencer à creuser avec légèreté unabîme qui devait plus tard les engloutir. D’après la progression des opi-nions diverses, le côté gauche de l’Assemblée constituante se trouvait être,pour ainsi dire, le côté droit de l’Assemblée législative . Les extrêmes étaientreprésentés par Chabot, Merlin deThionville et Claude Basire .
Un journal ultra-monarchique avait, par l’ordre du roi, cessé d'exister.Les Jetés des Apôtres ne paraissaient plus. A deux liardst à deux liardsmon journal ! leur succéda immédiatement; mais comme cette feuille étaittrop sérieuse, elle fit moins d’effet que les Actes des Apôtres .
Suivons à présent les mouvements et les faits de la politique.
Les 16 et 17 octobre, un événement horrible se passa à Avignon . On saitque le Comtat-Venaissin et la ville d’Avignon venaient d’ôtre récemmentréunis à la France . La population était divisée d’opinions à cet égard : lesuns applaudissaient; les autres regrettaient leur ancienne position.De lànaquit une lutte sanglante, terminée par des massacres, par des assassinats,et où se distingua Jourdan le coupe-tête. On lui donna le nom de massacrede la glacière d'Avignon , parce que les corps des victimes furent jetés dansune glacière. Les partisans de la réunion à la France l’emportèrent.
Mais ce n’était là qu’un fait isolé. Les grandes nouvelles du jour résul-tèrent encore de l’émigration et delacoalition des rois étrangers. Louis XVI ,par une proclamation , avait prudemment invité les émigrés à revenir enFrance . Leur nombre atteignit le chiffre de deux cent mille et plus. Malgréles dires des patriotes qui traitaient l'émigration d'évacuation salutaire etde transpiration naturelle de la terre de la liberté, il fallait bien la regardercomme un mal véritable, comme une plaie mortelle, si on n’y apportait pas
‘ Moniteur universel. Premières séances d’octobre 1791 .