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'Année 1701.)
tique et profane. Les assermentés ont été an catholicisme ce que les giron-dins ont été à la république : ils ont creusé l'abîme presque à leur insu; et latourmente les y a précipités tous, péle-méle, girondins et royalistes, intrus etréfractaires.
11 faut le dire, oui, ils ont fait de la religion une chose profane. Outre qu’ilsont transformé la chaire en tribune, le sacrement en acte patriotique, la cha-rité en philanthropie, ils se sont de plus donnés en spectacle, faisant parade deleurs sentiments révolutionnaires. A côté de l’hypocrisie religieuse, est venue seplacer l’hypocrisie politique, dans le cœur de certains prêtres. Ils ont entre-tenu des correspondances patriotiques, avec les hauts fonctionnaires on leshommes bien en peuple, avec les journaux, avec les clubs. Le clergé de Paris ,évêque en tête, vint complimenter l’assemblée législative à son entrée enfonctions. Grégoire prononça, le k octobre, cette phrase au club des jacobins :« C’est aujourd’hui la guerre des rois contre les nations, des oppresseurs con-tre les opprimés. Les tyrans ont plus à craindre de la déclaration des droitsque nous de leurs boulets. »
Dans les papiers de Palloy , nous avons trouvé une lettre de M. PontianGillet, curé de Vauderlan, département de Seine-et-Oise , adressée à un mem-bre du club des Amis de la constitution du Bourget. Nous la reproduisons enentier, comme un document unique, comme une pièce rare et importante.
« Je reçois votre lettre, cher frère et brave citoyen, je m’empresse d’yrépondre ; oui, j’ai brûlé à la pointe de mon sabre, le dimanche, 6 du courant ‘,au prône de ma grande’messe paroissiale , le saint sacrement exposé, et enprésence de tout le peuple, la lettre pastorale du ci-devant archevêque deParis **, qu’il m’a écrite de Chambéry , par la poste, en date du 7 févrierdernier, dans laquelle il nous traite de sacrilèges, d’intrus, de schismatiques,d’hérétiques, de protestants et de calvinistes, moi et tous les prêtres de son dio-cèse, qui prêteront le serment de fidélité à la nation, annulant, de son pré-tendu plein droit, toutes les fonctions sacerdotales, mariages et absolutions,faites et données en son absence. J’ai aussi prêté mon serment-civique, monsabre à la main, au prône de ma grand’ messe, que j’ai déposé entre les mainsde MM. les administrateurs du district de Gonesse . Je ne me repens pas,brave frère et citoyen, d’avoir brûlé ladite lettre pastorale, en criant de toutmon cœur, et de toute mon âme, pendant qu’elle brûlait au bout de mon sabre :Vive la nation, vive la loi, vive le roi, vive à jamais la constitution civile, dé-crétée par l’auguste assemblée nationale, dictée et inspirée par le Saint-Esprit,et acceptée par le roi.
« C’est la pure vérité dont j’ai l’honneur de vous informer. Au reste, si vousen doutez, tous mes paroissiens en sont témoins; j’ai, cher frère, versé mon
’ Avril de l’année 1791.** M. de Joigne.