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Tome premier.
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LETTllE DE PALLOY .

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(Année 1791.)

sang pour la nation, dans les guerres d’Hanovre et d'Allemagne , en qualité degrenadier, dans le régiment de la Couronne, où j’ai reçu quatre blessures dansdifférents combats ; et pour prix de mes blessures, le roi Louis XVI m’a faitUne pension de 50 livres, sur son trésor royal. Voilà seize à dix-sept ans queje suis curé à Vauderlan ; j’ai resté à Gonesse en qualité de vicaire pendantplusieurs années, enfin, cher frère et brave citoyen, je suis et serai tout! mavie à vous, au roi et à la nation, avec mon sabre à la main, avec l’attachementsincère et fraternel.

« Postian Gillet,

Titulaire, curé île Vauderlan et pensionnaire du roi.

Cette lettre fut publiée dans le journal la Chronique de Paris ; elle obtintl’assentiment général et inspira au patriote Palloy, le démolisseur de la Bas-tille, l’épltre suivante, que nous allons reproduire également, afin de pouvoirétablir un parallèle entre le curé Gillet et le citoyen Palloy.

« Monsieur le Curé,

'< C’est avec la plus vive satisfaction que j’ai vu dans la Chronique de Paris ,n° 99*, la belle lettre que vous avez écrite à un membre du club des Amis dela constitution du Bourget,

« Mon âme, embrasée du plus ardent patriotisme, a été émue jusqu’auxlarmes en voyant la manière dont un prêtre citoyen a reçu et traité la lettrepastorale de son ci-devant archevêque devenu réfractaire à la loi. Rien de plusdigne d’un ministre du Dieu de paix, que les vœux que vous adressiez au ciel,pendant la consommation de l’holocauste, et je suis dans la ferme persuasionque le Saint-Esprit vous inspirait dans ce moment comme il avait inspiré l’as-semblée nationale.

« J'ai servi le roi, mais je n’ai pas eu comme vous l’avantage de contribuerà la gloire du nom français , en versant mon sang pour la patrie, dans uneguerre aussi juste que celle de Hanovre ; il est beau, après avoir troqué unbonnet de grenadier contre un bonnet carré, de donner à ses paroissiens l’ex-emple de la soumission à la loi comme on a donné à ses camarades celui ducourage.

« Je n’ai point versé mon sang pour la patrie, mais j’ai exposé mes jourspour la rendre libre, et je disputerai toujours de patriotisme avec vous, monsieurle curé, et je vous prierai très-instamment de vouloir bien, comme ecclésiasti-que citoyen, recevoir l’hommage du civisme le plus désintéressé, c’est le plande la Bastille, monument qui n’est destiné qu’aux seuls personnages qui, dansles circonstances actuelles, se sont fait remarquer par leurs actions patrioti-ques et leur dévouement aux lois.

N° 99. avril de l’année «791.