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(Année 1791.)
« Daignez accepter cette légère marque de ma sensibilité. Je m'estimeraiheureux d’avoir eu l’avantage de vous offrir quelque chose qui put vous êtreagréable, et veuillez aussi recevoir les assurances de l’attachement respec-tueux et fraternel avec lequel j’ai l'honneur d’étre, monsieur le curé, etc., etc.
« I’alloy. »
Nous l’avons dit au commencement de cet ouvrage, Palloy est le pasquinrévolutionnaire. Eh bien! comparez les deux lettres, quant au style d’abord.Lequel des deux est le plus patriotique ? Comprenez-vous ensuite cette humi-lité chrétienne du curé de Yauderlan, qui croit avoir besoin de rappeler à toutle monde — car il se sert de la voie du journalisme — qu’il a été un bravesoldat, qu’il s’est battu pour la patrie, qu’il a reçu des blessures, et qu’enfm ilsera toute sa vie au roi et à la nation, avec son sabre à la main ? Noms avons eusous les yeux le n. 99 de la Chronique, et les originaux des deux lettres.
Puisque les assermentés se passionnent de la sorte, on ne saurait s’étonnerdes menaces de leurs antagonistes. L’occasion aidant, des soulèvements reli-gieux troubleront les provinces, et les Vendéens arboreront l’étendard de larévolte.
Sous le point de vue essentiellement politique, l'examen des faits amène àde douloureuses réflexions. Les sociétés populaires étaient proclamées par-tout comme les surveillantes de l’autorité*, comme les sentinelles delà liberté,comme les yeux du gouvernement, — deux yeux bien ouverts etbien attentifs,que le club des Jacobins , et que celui des Cordeliers. Savez-vous que le pre-mier avait pour public une foule, pour local une église qui lui suffisait à peine;qu’on y tenait séance régulière; qu’un bureau y était constitué, et qu’il s’vtrouvait un registre des délibérations? Le club des cordeliers avait moins d’in-fluence, mais ses membres s’alliaient aux jacobins, toutes les fois qu’il s’agis-sait d’une affaire grave. Au reste, il avait, plus (pie son concurrent, l’espritd’observation et de surveillance, comme on le voit par l’œil qu’il avait placésur ses cartes d’entrée**.
Toutefois, bien des gens protestaient contre la puissance et la dynastie dessans-culottes. Mais ceux-ci étaient véritablement les plus forts. Leurs coups
* Langage révolutionnaire, par Laharpe .
*• Nous avons imprimé le cliché même qui a contrôlé les cartes d’entrée des membres composant leclub des cordeliers; il nous a été prêté par M. Maurin.