LIVRES ET FACÉTIES.
18V
(Année 179 f.)
Mais, malgré ces voix opposantes aux idées républicaines, il n’en est pasmoins vrai (pie l’assemblée législative subit l'influence jacobine, et lit, en fa-veur de ce parti, certains actes d’autorité et d’arbitraire. 11 suffit de citer,comme preuve, la fermeture des feuillants et des capucins, clubs fréquentéspar les constitutionnels. La balance politique n’est donc déjà plus juste niégale ; l’an quatrième de la liberté ne fera pas luire ce beau soleil pour tout lemonde, bien que les légifères aient ordonné que les actes publics porteront dé-sormais l’inscription de la liberté.
On peut, par ce qui a été dit plus haut, prendre une idée de la sévérité etdelà minutie, avec lesquelles le parti jacobin jugeait ses adversaires, et déni-grait les actes du gouvernement. Cette guerre contre la municipalité et contrele directoire du département avait duré jusqu’à la nomination de I’étion à lamairie de Paris. Alors, chacun s’était écrié, monarchiens ou jacobins :
le bailly qui baille aille bailler ailleurs
Et chacun aussi avait cru remporter la victoire. Pétion était un de ces hommesproblématiques, sur lesquels on peut, avec autant d’apparence de raison, fonderde grandes espérances ou avoir des craintes sérieuses.
Le vulgaire s’illusionnait encore à l’endroit des libertés constitutionnelles.Pour cadeaux du jour de l’an, — car le jour de l’an fut célébré dans le peuple,sinon à la cour, — on se donna beaucoup d’alliances nationales et civiques.L’alliance civique était un anneau d’or de trois à quatre lignes, et qui coûtait48 livres. Voici quelles étaient, selon l’annonce du fabricant*, les devises qu’ony gravait le plus ordinairement :
i" J’espère jusqu’à la mori.2* La liberté ou la mort.
3° L’union fait la force.
4° Dieu , la nation et la loi.5° La nation, la loi et le rot.
6° L'Amitié nous unît.
7* L'amour et l’amitié.
8® ï’nis, ça ira.
y* Liberté, fraternité, égalité.
roo Vivre libre ou mourir.
L’année a été peu féconde en livres et en journaux. Les pièces de théâtrepolitiques seules fourmillent. On a joué, outre les pièces que nous avons si-gnalées, le Directeur, ou le Déménagement du Couvent , comédie en un acte,par de Flins ; la Parfaite Égalité, ou les Tu et les Toi, par Dorvigny , etc., etc.
Le Cousin Jacques (BetTroy de Reigny) fait déjà grand bruit dans le mondelittéraire.
Les volumes de Facéties abondent. On lit les Bijoux aristocratiques, de l’im-primerie de la vérité, en dépit de bien des gens; la Grande visite des trois :grands régiments de Royal-Pituite, de Royal-Ronbon et de Royal-Caca , au sé-
L^s réclames du fabricant emplissent une colonne du Moniteur.