I.ES Al.MAXACIIS.
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(Année 1791.)
mil Clémentin; le Remue-Ménage du Paradis, ou la Députation du Vatican ;les Prières Civiques, à l'usage des vrais amis de la constitution monarchique,soi-disant imprimées à Régiopolis (ville royale), et vendues chez Monar-chophile *.
En fait d’almanachs, nous citerons l’Almanach du Peuple, le Petit Alma-nach des grands théâtres de Paris , et l’Almanach de Coblentz.
Le premier se vendait douze sous, et était rédigé par Dusaulchoy. C'étaitun réquisitoire contre les prêtres. Dans le second, nous trouvons ces mots :« O révolution!... tu fais en un clind’œil d’un cordonnier un commandantde bataillon ; d’un épicier un juge de paix ; d’un menuisier un président de sec-tion; d’un laboureur un maire de ville; d’un banqueroutier un officier munici-pal; d’un sot ou d’un fripon un député à l’Assemblée nationale; d’un savetierun journaliste, et d’un marquis Charles Villette un citoyen vertueux! ... Heu-reuse révolution! ** » Le troisième était dit à l’usage de la belle jeunesse,émigrée, émigrante et à émigrer. On l’a rempli d’épttres doléantes au roi et àla reine. 11 s’y trouve un tableau actuel de la France , avec force couleurssombres , et qui fait frémir. 11 contient des épitaphes satiriques sur Mira-beau ; il plaisante notamment sur l’expression révolutionnaire ci-devant, (piel’on a appropriée à tous les hommes, à toutes les dignités, et termine ainsi :
De cet incroyable délire,
Si l’on ne suspend les accès,
Bientôt l’Europe pourra dire ,
Le ci-devant peuple français .
Aussi bien, ces citations vont-elles nous servir de point de départ pour ap-précier les habitudes et les mœurs des citoyens.
11 est très-vrai qu’elles se soient transformées aussi complètement quel’annonce le Petit Almanach des grands théâtres de Paris ; et en faisant la partdes exagérations commises par la passion politique, on pourrait prendre à lalettre le passage que nous en avons rapporté. Peu à peu, lesclasses infimesdupeuplese sont placées au timon des affaires,non pascomme chefs, mais commesubalternes. Bientôt les événements se sont multipliés à l’infini, et les subal-ternes ont acquis plus d’influence sur eux que leurs maîtres. La commune,par exemple, a plutôt été l’œuvre de Billaud-Varennes et de Manuel, que deDanton et de Robespierre , parce que les premiers en avaient fait leur chose,leur bien, leur puissance, et que les seconds ne s’y trouvaient qu’en passant,ignorant les ruses municipales, et poussés par leur ambition vers d’autresdestinées.
Ce n’est pas d’ailleurs une chose fort extraordinaire que celle-là, si l’on
(le* facéties se trouvaient dans h bibliothèque de M. Pixérécourt.
Ce* almanachs se trouvent dans le cabinet de M, Deseliiens et chez M. Maurin.