MOTION DK I-AMOIBETIK.
(Juillet 1702.)
20!)
I.a république est à la veille de son avènement. Les masses s'écrient, envoyant celle nouvelle puissance : ça ira; et elles disent, en parlant de la mo-
narchie : ça n'ira pas'.
Kl
Ça n’ira pas. — Ça ira.
Le l rr juillet, seize mille pétitionnaires étaient censés demander le châtimentdes auteurs du 20 juin. La pétition devint un objet de dérision parce que lerédacteur se nommait Guillaume. Le Moniteur, d’ailleurs, avait fait savoirqu’il ne s’y trouvait pas plus de sept mille signataires. L’assemblée parut leurrendre justice, en suspendant Pétionet Manuel de leurs fonctions, le premierpour six jours seulement. Le peuple se remua en faveur de Pétion ; très-fre-quemment, des individus vinrent à la barre redemander leur vertueux maire,car c’était là l’épithète accolée d’ordinaire au nom de Pétion . Au môme temps,les principes des Jacobins prévalaient : les états-majors de la garde nationaleà Paris , et dans les villes de plus de cinquante mille âmes, étaient licenciés.On ne voulait décidément plus de majoriens. En outre, les compagnies degrenadiers et de chasseurs étaient abolies, comme distinctions contraires àl’égalité.
Un député s’avisa alors de faire naître dans l’assemblée législative unegrande réconciliation entre les représentants de tous les partis les plus opposés.11 se nommait Lamourctte, et était évéque constitutionnel de Lyon . Sursa motion , le 7, ses collègues s’embrassèrent en signe de paix et d’union. Lebaiser d 'Amourette, ou de réconciliation normande, ainsi qu’on l’appela, était,sinon un baiser de Judas, au moins une sorte de formalité inutile. Bientôt
’ Kxîrait île In collection JeM. Lairtullicr, avocat, auteur des Femmes célëbtrs tir la révolution.
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