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Tome premier.
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TROISIÈME FÉDÉRATION.

Juillet 1792.)

après, l'évêque Fauchct sc défendit d’avoir embrassé Ramond. Le jardin desTuileries , rouvert un moment, se referma presque aussitôt. A la séance dusoir, le même jour, les dissensions recommencèrent, et dès le lendemain,tous les journaux en parlaient avec dérision. Cette réconciliation fut, deplus , suivie d’un acte législatif qui prouvait complètement son inefficacité.Le 11, en effet, un décret appuyé par Vergniaud , le Mirabeau de la Gironde ,déclara que la 'patrie était en danger, et prit des mesures pour soustraireles travaux de salut public à l’approbation royale. Sous l'influence de cetévénement, le deuxième anniversaire de la fédération eut un caractère toutparticulier.

La veille, Pétion reprit ses fonctions de maire, qui lui avaient été interdi-tes à cause de la journée du 20 juin ; Louis XVI fit savoir à l’assemblée;législative qu’il avait l’intention d’aller renouveler son serinent sur l’autelde la patrie.

Le programme de la fête, arrêté par la municipalité, déplut à la cour quile modifia.

A onze heures et demie du matin, le IV, une députation de l’assembléelégislative se rendit en corps sur la place de la Liberté ( la place de la Ras-tille.) Là, le président, au milieu des trépignements de joie des assistants ,des vainqueurs de la Bastille, des hommes du 20 juin , posa la première pierred’une colonne à la liberté*. La cérémonie eut lieu avec accompagnement defanfares et de symphonies.

Le cortège se mit en marche à midi, et se dirigea vers le champ de la fé-dération, autour duquel, à l’intérieur, avaient été élevées quatre-vingt-troistentes avec chacune devant elle un peuplier surmonté de banderoles tri-colores. L’assemblée se plaça sous une immense tente particulière; la fa-mille royale et les corps administratifsdans les bâtiments de l’école militaire,sur le balcon du premier étage. Entre l’école militaire et l’autel de la patrie— misérable colonne tronquée,— on voyait un monument funéraire, con-sacré à la mémoire des citoyens qui étaient morts ou qui allaient mourirpour la patrie. C’était une pyramide sur laquelle ces mots avaient été écrits.Tremblez tyrans! nous les vengerons!

Dès que le cortège fut arrivé au champ de la fédération , la cérémonie duserment commença. 11 était déjà cinq heures du soir. Elle se fit à la hâte,la véritable fête ayant eu,lieu à la place de la Liberté. Au champ de la fédé-ration , au contraire, ce ne fut que confusion, agitation , tumulte ; à tel point,que la reine ressentit une grande inquiétude pour les jours du roi, à causedes bruits de troubles qui avaient couru dans les premiers jours de juillet.Quelques spectateurs criaient au-dessous du balcon royal : A bas l’Autri-chienne ! à bas M. et madame Veto!

* Elle ne fut jamais construite.