Band 
Tome premier.
Seite
211
JPEG-Download
 

(Juillet 1792.)

ABIME DE LA FEODALITE .

211

Les visages étaient mornes et désolés ; à peine cria-t-on vive le roi ! et levertueux Pétion fut l’unique héros de la fête. Sur les chapeaux, une foule decitoyens avaient tracé avec de la craie blanche, ces mots: Tïi-e Pétion, ou,la mort! et ils criaient dans les rues, lorsqu'ils passaient: Liée Pétion!honneur à Pétion !

On remarqua, au reste, à la fête de la fédération , une décoration nou-velle. Un arbre fut planté au milieu du Champ-de-Mars . 11 était chargéd’armoiries, d’inscriptions, de titres , de sac* de procès, en un mot, de tousles attributs de la féodalité.

1 lis

mï

Les autorités y mirent le feu en grande pompe, et puis enterrèrent ainsi,avec des chants et des danses , la morgue des seigneurs féodaux et de toute lanoblesse. Manifestation superflue. Aussi, Louis XVI répondit-il avec raisonau président qui l’engageait à y mettre lui-méme le feu : « 11 n’y a plus deféodalité. »

Cette troisième fédération dut être pénible à voir.

N oublions pas qu un décret a déclaré la patrie en danger, et que l’assem-blée legislative a rédigé deux adresses, l’une aux Français , l’autre à l’armée.Celle-ci a redoublé le courage de nos soldats combattant sur les frontières;celle-là fit arriver de tous les points de la France à Paris une foule de volon-taires, animés du désir de sauver la patrie, mais en même temps remar-