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Tome premier.
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(Juillet 1792.)

au peuple l’entrée de la terrasse des Feuillants, en ayant soin de la séparer dureste du jardin par un ruban et une ligne de sable tracée. On se garda biende franchir ces frêles barrières, et on y plaça diverses inscriptions, telles quecelles-ci :

On brise les fers d’un tyran ;On respecte un simple ruban '

'( Le citoyen sage respectera cette barrière ; jamais la liberté n’en aura misune plus glorieuse entre elle et l’odieux despotisme. »

« Que ceux qui ont brisé les chaînes du despotisme respectent ce simpleruban. »

Et celle-ci encore :

Amis, si vous voulez m’en croire,N’allez pas dans la Forêt-Noire.

Ces deux dernières enfin, les plus insolentes de toutes : « Louis, tu dis queton peupleesl méchant; vois, Louis, comme tu mens. »

« La colère du peuple tient à un ruban ; la couronne du roi tient à un fil. »Le jardin des Tuileries fut appelé terrede Coblentz, etla terrasse des Feuil-lants terre nationale.

Cette démarcation de territoire, non-seulementfit surgir toutes ces menacescontre la royauté, mais elle amena aussi des tumultes et des voies de fait, àcause des rassemblements qui se formaient chaque jour aux alentours de laterrasse des Feuillants. D’Espréinénil, le Camille Desmoulins du parlement,avant 1789, prononça quelques mots en voyant le fameux ruban des Tuile-ries . La foulo les interpréta faussement ; elle se trompa sur le sens qu’il yattachait : l’erreur est la faiblesse des masses. D’Espréménil fut saisi, insulté,traîné jusqu’au Palais-Royal , déshabillé et battu comme un malfaiteur. Desgardes nationaux parvinrent enfin à le soustraire à la fureur de la foule, letransportèrent dans les bâtiments du trésor, et le placèrent sur un matelas.Pétion vint l’y voir, et D’Espréménil lui adressa cette phrase, prédiction in-directe, et qui devait s’accomplir avant deux années : « Et moi aussi, mon-sieur Pétion , j’ai été chéri de ce peuple, il m’a donné des couronnes, j’étaisle plus ferme soutien de ses droits ; vous voyez comme il me traite. » D’Es-préménil n’ajoutait pas que c’était sa faute, qu’il avait trahi la cause de larévolution, et que le peuple avait bien pu se méconnaître sur les louablesintentions d’un député qui avait voulu, en septembre 1790, rappeler les abusdu passé. — Les hommes d’état se trompent souvent sur la popularité : cen’est pas elle, la plupart du temps, qui est inconstante ; ce sont eux , bienplus tôt, qui s’en rient après l’avoir conquise.

Soit dit pour Pétion, aussi bien que pour D’Espréménil. Pétion montra