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(Août 1792.)
et ne permettent que celles de laine, comme les leurs. Ils se déclarent lespatriotes par excellence, et vont au reste le prouver, aussitôt que l’occasion seprésentera. Justement, elle s'offrit d’elle-méme. Us se rendaient aux Champs-Élysées , dans le grand salon du couronnement de la Constitution, pour faireun repas patriotique. Des gardes nationaux sortaient de dîner en face, aurestaurant du Jardin Royal. Les uns et les autres se rencontrèrent sur laroute, s’injurièrent et en vinrent aux mains, pour vider une querelle quiavait à peine eu le temps de commencer, mais de laquelle il semblait résulternéanmoins que les Marseillais étaient des patriotes , et les gardes nationauxdes royalistes. On compta un homme tué et plusieurs blessés dans cettemalheureuse afTaire; les Marseillais se retirèrent dans leur caserne, et ylirent transporter le dîner qu’ils avaient commandé.
Eh bien ! les girondins ont appelé les Marseillais à leur aide! Ceux-ci sontvenus, mais au contraire, pour l’emporter sur leurs protecteurs, après leuravoir fait commettre les actes les plus imprudents. Pétion , en effet, est commerassuré et enhardi par leur présence. 11 n’hésite plus à demander , au nomdes quarante-huit sections parisiennes , la déchéance du roi. Elles s’arment,elles se mettent en marche, elles ont écrit sur lenr drapeau : A bas le tyran!Et voici que la question de la déchéance de Louis XVI occupe toutes les tètespendant plusieurs jours. La section de Mauconseil a déclaré ouvertement queLouis avait perdu sa confiance, et qu’elle ne le reconnaissait plus pour roides Français. Un comité insurrectionnel s’est constitué au commencementdu moi3 d’août. Partout on s’entretient de la prochaine déchéance deLouis XVI .
C’est pourquoi, le dimanche qui précéda le 10 août, il se passa dans lechâteau des Tuileries un fait d’une sinistre signification. Pendant que la fa-mille royale traversait la galerie pour se rendre à la chapelle, la moitié dessoldats de la garde nationale cria : Vive le roi ! et l’autre moitié : Non ,pas de roi l à bas le veto / Et ce jour-là encore , à vêpres, les musiciens sem-blaient s’être donnés le mot pour tripler le son de leur voix d’une manièreeffrayante, lorsqu’ils récitèrent la strophe du Magnificat : Déposait potentesde sede. Les royalistes crièrent par trois fois : et reginam, après le Dominesalvum fac regem. Cette circonstance détermina une légère rumeur; par cefait, Louis XVI ne douta plus des intentions que le peuple avait contre lui,et, accablé de tristesse, il rentra dans ses appartements.
La royauté s’en allait. La Commune avait empêché dernièrement la re-présentation de l’opéra d'Adrien, parce que le rôle du monarque romain yétait trop beau. Manuel, le procureur syndic, avait écrit quelque part que letoi « n’irait que jusqu’à la chute des feuilles.»
FIN DU CHAPITRE QUATORZIÈME.