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Tome premier.
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LA LOGE DU LOGOGRAPHE.

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{Août 1792 )

force, puis s’est ravisé au moment du danger, abandonnant ses défenseurs.Tout porte à croire que, dans cette terrible circonstance, comme dans beau-coup d’autres, le roi a été irrésolu, tantôt faisant preuve de courage, tantôtcédant à l’abattement. Au surplus, nous allons voir ce qui se passa à l’as-semblée législative, pendant que les hommes du 10 août criaient victoire auxTuileries.

A huit heures, Louis XVI était au milieu de la représentation nationale.Son entrée fut triste au delà de toute expression. Rocher, homme d’unestature colossale, et chef d’une troupe de citoyens qui semblaient vouloirs’opposer à la marche du roi, avait fini par embrasser ce prince, avait mis ledauphin sur ses propres épaules, et étaitvenu le placer surlebureau du prési-dent,— tout cela aux grandes appréhensions de Marie-Antoinette . A peine lafamille royale eut pénétré dans l’enceinte, qu’il se fit comme un murmurerespectueux. Louis XVI s’assit à côté de Vergniaud , président; mais, surl’observation de Chabot « que l’assemblée ne pouvait délibérer en présencedu roi, » la famille royale fut placée dans une loge de journaliste, la logedu logographe, située derrière le fauteuil du président. Elle avait douze piedscarrés. Ce fut pour Louis XVI une torture sans pareille que cette séance. 11demanda de la nourriture pour réparer ses forces, et mangea des pèches.

A tout moment, une foule de pétitionnaires venaient demander la dé-chéance du roi, ou faire connaître le triomphe des insurgés. Des hommesrompus de fatigue, couverts de sang, des femmes décorées de petits morceauxde drap rouge, arrivaient déposer sur le bureau du président, les objetsprécieux trouvés au château des Tuileries. Enfin, Louis XVI vit consacrerl’insurrection devant lui, par la lecture d’un projet de décret, adopté sur-le-champ, et rédigé en quelques articles :

Article premier. Le peuple français est invité à former une conventionnationale;

II. Le chef du pouvoir exécutif est provisoirement suspendu de ses fonc-tions, jusqu’à ce que la convention ait prononcé sur les mesures qu’elle croiradevoir adopter pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la li-berté et de l’égalité ;

III. Il sera organisé, dans le jour, un nouveau ministère;

IV. L’assemblée nommera un gouverneur au prince royal;

V. Le paiement delà liste civile demeurera suspendu jusqu’à la décision dela convention nationale;

VI. Le roi et la famille royale demeureront dans l’enceinte du corps légis-latif, jusqu’à ce que le calme soit rétabli dans Paris .

VII. Le département donnera des ordres pour leur faire préparer un loge-ment au Luxembourg , où ils seront mis sous la sauve-garde des citoyens et dela loi.

VIII. Tout fonctionnaire public, tout soldat, sous-officier, officier, de tels