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Tome premier.
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INSCRIPTIONS.

(Août 179-2.)

2:14

Le sarcophage des citoyens morts au massacre de la Saint-Laurent, — ousurnommait ainsi la journée du 10 août,—était entouré de candélabres danslesquels brûlaient des parfums. 11 était traîné par des boeufs, et précédait ungroupe de fédérés tenant leurs sabres nus entrelacés de branches de chêne,et faisant llotterdans les airs une bannière sur laquelle on lisait ces inscrip-tions :

Pleurez épouses, mères et sœurs,la perte des victimes immolées par les traîtres ;

Nous jurons, nous, de les venger.

line autre bannière disait:

Si les tyrans ont des assassins,

I>e peuple a des lois vengeresses.

\ enaient ensuite la statue de la loi armée de son glaive, et les juges de tousles tribunaux.

La municipalité marchait devant la statue de la Liberté portée à bras pardes gardes nationaux, fiers de leur fardeau, dit Prudhoinme. On voyait défi-ler immédiatement après la commission administrative provisoire, nomiméoen remplacement du directoire du département, et l’assemblée législativedont le président tenait à la main des couronnes civiques pour être déposéesaux pieds de la pyramide funèbre.

Il était presque nuit lorsque le cortège atteignit le Pont-Tournant. Lesquatre autels entourant la pyramide flamboyaient. En arrivant, on fit le tourdu tombeau, sur lequel on déposa les bannières et les couronnes, tandis quedes musiciens exécutaient une marche des morts composée par G os.sec, avecdes chœurs dont voici le refrain :

Vengeance, vengeance éternelle!El partout la mort aux tyrans.

Tout près de là s’élevait une tribune aux harangues; M. J. Chénier ymonta, aussitôt le morceau de musique achevé, et prononça un discours fortapplaudi à diverses reprises, éloge funèbre des victimes du 10 août. « Hom-mes généreux, s’écria-t-il avec entraînement, morts pour la liberté dans cettejournée mémorable, vous avez été presque tous moissonnés dans la fleur devotre jeunesse! La nature vous devait des années plus nombreuses, et vousdeviez être plus longtemps les soutiens de la France , notre mère commune;mais, si vous avez trop peu vécu pour elle, vous avez assez vécu pour lagloire; votre souvenir ne périra point, vos enfants seront des héros comine