276 Pis d’appee au peuple. (Janvier 1793.)
Votes indéterminés. 1J
Votants pour. '281
Votants contre. 42;$
Nombre total des députés. 749
Nous citons encore quelques votes motivés.
Armonville, surnommé Bonnet-Rouge, à cause de son enthousiasme républicain, dit : « Comme un assassin ne doit pas occuper le Souverain, jedis non. » — Louis-Philippe-Joseph Egalité dit : « Je ne m'occupe que demon devoir , je dis non. » — Tellier dit : « L’assemblée de mon départementa délibéré, à la presque unanimité, qu’il serait fait un canon du calibre dela tête de Louis XVI pour l’envoyer aux ennemis; je dis non. »
Les partisans de l’appel au peuple ne se cachèrent pas. Laliosdinière dit :« Comme l'appel au peuple est le seul moyen d’excuser le despotisme qu’aexercé la convention, par la confusion de tousles pouvoirs,je dis oui.»— Sou-lignac motiva de cette manière : « On ne m’a pas dit: sois législateur et juge.Le sultan n'est un despote affreux que parce qu’il fait la loi et juge en mêmetemps; je dis oui. »—Duprat observa : « Égalité a dit non,et moi je dis oui.»— Manuel, enfin, osa prononcer ces paroles : « Je reconnais ici des législa-teurs et non des juges; cardes juges sont impassibles comme la loi; desjuges ne murmurent pas, ne s’injurient pas, ne se calomnient pas. Jamaisla convention n’a ressemblé à un tribunal ; si elle l’eût été, certes elle n’eûtpas vu le plus proche parent du coupable n’avoir pas, sinon la conscience,du moins la pudeur de se récuser ; je dis oui. »
Le président se leva, et fit cette déclaration : La convention nationaledécrète que le jugement contre Louis Capet ne sera pas soumis à la ratificationdu peuple *. »
C’était le 16 de janvier. Le scrutin ne fut dépouillé que vers dix heures,eton futobligé de remettre au lendemain, 17, l’appel nominal sur l’applicationdelà peine. Pendant la nuit, les sections furent en émoi, et, dès le matin,la convention nationale fut entourée d’une foule immense, en armes, pous-sant, des cris de vengeance, et menaçant les députés au passage avec cettephrase : sa mort ou la tienne*'. Avant d’aller aux voix, on se consulta poursavoir quelle serait la majorité. La discussion se passa presque seulemententre Danton , le Hardi, et Lanjuinais qui demandait pour l’application de lapeine les deux tiers des suffrages. La convention passa à l’ordre du jour ,considérant que tous ses décrets étaient et devaient être rendus indistinc-tement à la majorité absolue.
Le vote sur la peine fut donc semblable aux deux votes précédents.
L’appel nominal ne commença qu'à sept heures du soir , et dura vingt-