ÇII'ATIIK COMMISSAIRES ARRÊTES.
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(Avril 1793.)
le pouvoir de suspendre et faire arrêter les généraux qui leur paraîtront sus-pects. »
Duniouriez avait eu, le 22. une conférence avec le colonel Mack, chef dol'état-major du prince de Cobourg , et c’était à la suite de cet entretien qu’ilavait évacué la Belgique . Une autre conférence avait eu lieu, et il avait étédécidé, par convention formelle, (pie le général français marcherait sur Paris ,détruirait la convention, et organiserait ce gouvernement constitutionnel, lerêve des Necker et des Narbonne . La convention avait eu, deux jours après,connaissance des projets de Dumouriez , par trois commissaires jacobins, en-voyés pour le sonder, Proly, Dubuisson et Pérevra. Dumouriez , par forfan-terie, ne leur avait rien caché, et leur avait dit, au contraire, ne voir dans laconvention que sept cent quarante-cinq tyrans. «Point de paix pour la France ,jusqu’à ce qu’on ait détruit cette convention, ajoutait-il. Tant que j’auraiquatre pouces de fer, je ne souffrirai pas qu’elle règne et qu’elle verse le sangavec le tribunal révolutionnaire qu’elle vient de créer. »
Les trois envoyés rapportèrent tout au ministre de la guerre. La conven-tion nomma pour commissaires, les citoyens Camus, Quinette, Lamarque etBancal, même le minisire Beurnonville lié d’étroite amitié avec Dumouriez .Le 31, six volontaires, portant écrit avec de la craie sur leur chapeau : La ré-publique on la mort! pénétrèrent dans le camp du général, comme s’ils avaientl’intention de le saisir. 11 les repoussa facilement, et fit marcher sur Lille son fidèle Miacsinski, qui se laissa prendre, et fut livré aux autorités lilloises.Le 1" avril, il fit arrêter Lecointre, fils du député de Marseille , étudiantjacobin, et le donna en otage au général autrichien Clairfavt. Le 2 avril,les commissaires de la convention se présentèrent devant lui. On lui donnaconnaissance du décret qui l’appelait à la barre. Dumouriez refusa d’obéir;ils insistèrent, et lui dirent : « Voulez-vous obéir à la convention?. » Non.— Eh bien, vous êtes suspendu de vos fonctions; vos papiers vont être saisis,et votre personne arrêtée.—C’est trop fort !... à moi, hussards.—Et des hus-sards surgirent de tous côtés pour arrêter les commissaires et Beurnonville.11 les livra ensuite en otages aux Autrichiens. Le prince de Cobourg les dé-clara prisonniers d’état et les fit passer en Moravie .
Lorsqu’on lit ce fait, où un général, enfant de la révolution, se permetd’agir ainsi avec des commissaires envoyés par la nation assemblée,—on croitassister à la mise en action de la fable de Lafontaine , la lice et sa Compagne.
A la nouvelle de la défection consommée du général Dumouriez , et de saconduite envers les commissaires républicains, la convention décréta la créa-tion, pour un mois, d’un comité de salut public, dans son sein'*, comité com-posé de neuf membres : Barrère, Bréard, Cambon, Danton, Delacroix , Del-inar, Jean Debry, — remplacé pour cause de santé par Robert Lindet , —
* Décret du 6 avril.