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Tome premier.
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(Avril 1793)

ACCUSATION CONTRE LES VINGT-DEUX.

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Guyton-Morvanx et Treilhard . Elle établit, en outre, trois commissaireschargés de la représenter à chaque armée de la république*. Ces mesuresfurent adoptées, aisément, par les girondins qui espéraient s'en servirpour perdre la Montagne; leurs armes se tournèrent bientôt contre eux-mémes. Ce ne fut pas tout ; sur la motion de Charlier, la convention décréta«pie tous les individus de la famille Bourbon, hors ceux détenus au Temple,seraient transférés à Marseille et mis en état d’arrestation. Le duc d’Orléanset le duc de Chartres , étaient, en effet, soupçonnés de complicité avec Itu-mouriez.

Comme la guerre a de l'inlluence sur les affaires de l’intérieur! L’énergiedes montagnards sauve les frontières; à Paris , elle se change en esprit dedomination, elle crée le tribunal révolutionnaire et le comité de salut public.Les députés rendirent aussitôt ce décret contre le girondin Pumouriez : « Laconvention ordonne que le conseil exécutif nommera sur-le-champ un généralpour remplacer Duinouriez ; déclare à la nation que Dumouriez est traître à lapatrie ; qu’il a juré la perte de la liberté et le rétablissement du despotisme ;décrète que tout Français qui reconnaîtra Dumouriez pour général sera re-gardé comme traître à la patrie et puni de mort, et que ses biens seront con-fisqués au ~ de la république; que Dumouriez est mis hors de la loi, au-torise tout citoyen à courir sus, et assure une récompense de 300,000 livres àceux qui s’en saisiront et l’amèneront à Paris , mort ou vif, etc., etc.**» Natu-rellement, le parti girondin devait se ressentir des imprécations proférées con-tre son général bien-aimé,—au dire delà montagne, car Dumouriez , lui, avaitrompu avec toute la convention nationale sans exception.

Le 10 avril donc, llobespierre aîné dénonça à la barre les principaux chefsdes girondins, en priant l’assemblée de s’occuper sans relâche, a des moyenstant de fois annoncés de sauver la patrie et de soulager la misère du peuple. »La montagne et les tribunes couvrirent Robespierre de leurs applaudisse-ments. Vergniaud seul se leva pour lui répondre. Malgré l’éloquence de sondiscours, sa cause et celle de ses amis put être regardée comme désespérée.La motion de Robespierre ne fut pas directement prise en considération ;mais, le 15, le maire de Paris , Pache, parla au nom des trois quarts des sec-tions, et demanda la proscription de vingt-deux d’entre les hommes d’état:c’étaient Vergniaud, Rrissot, GuaCet, Gensonné, Buzot , Grangeneuve, Bar-baroux, Salles, Biroteau, Doulcet-Pontécoulant, l’étion, Lanjuinais, Valazé ,Hardi, Le Hardi, Louvet, Gorsas, Fauchet, Lanthenas , Lasource, ChambonetValady. La pétition fut considérée comme calomnieuse.

Le moment était suprême, alors, pour les deux partis en présence. La Gi-ronde était réunie à la plaine, dans la convention ; elle n’avait, au dehors, que

* Décret du 9 avril.

** Séance permanente du mercredi 3 avril.