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Tome second.
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KETIi TKOUIIEL.

Octobre 1795.

conditions. A l'enfant-roi avait succédé un prétendant qui pouvait imprimerune direction capable aux mouvements de ses partisans.

Dans quelques villes on avait chanté le Domine salrum fac regem. En Bre-tagne, dans le Dauphiné, à Lyon , où il circulait une estampe représentantMarie-Antoinette, Louis XVi et ses enfants, des adresses étaient répandues.Les Compagnies du Soleil désolaient le midi, remplaçant l’ancienne factiondu Syphon, dont nous avons parlé en 1790. Un écrit intitulé le Spectateurde la révolution exaltait les avantages du gouvernement monarchique.

Le 24 septembre, il y eut des troubles alarmants au Palais-Koyal, trou-bles existants avec moins de force depuis la fin du mois d’août, et qui avaientpour motif la décision prise par la convention d’admettre la réélection desdeux tiers des députés pour la nouvelle législature. Le lendemain, la fermen-tation fut encore plus grande. Insultes à des soldats, coups de feu tirés, cris:A bas les deux tiers ! La convention se préoccupa de ces troubles, fomentés,disait-on, par des chouans venus de l’ouest. Le 29, elle refusa d’admettredes citoyens porteurs d’un écrit intitulé : Déclaration à la représentation na-tionale, au nom de la majorité des assemblées primaires de Paris , signée descommissaires de ces assemblées. Elle ne se croyait pas le moins du monde endanger, et le 2 octobre elle fixa, par un décret, l’ouverture des séances ducorps législatif au 22 , puis elle adopta un projet de fête funèbre « en l’hon-neur des amis de la liberté, morts sous le régime décemviral. »

Cette fête eut lieu le 3 octobre. — Tous les députés avaient le crêpe aubras pour la séance. La salle était décorée d'inscriptions et d’attributs. Aubas de la tribune on avait placé une urne funéraire , couverte de crêpe , decouronnes, entourée de chêne, de cyprès; surmontée d’une palme. Sur lesocle on lisait:

Ils ont recommandé a la patrie leurs peres, leurs épouses,et leurs enfants.

Aux magnanimes défenseurs de la liberté, morts dans les prisonsou sur l’échafaud , pendant la tyrannie.

La convention compromettait ici sa dignité, à vrai dire. Au lieu de don-ner des regrets au passé, n’était-il pas plus convenable de veiller sur leprésent?

Au moment où la fête commençait, une députation de la ville de Valen-ciennes fut introduite, et se plaignit à l’assemblée de ce qu’elle « laissaitusurper la souveraineté nationale par trois mille faquins qui agitaient les sec-tions de Paris . »

.Mais les députés voulant pleurer sur les mânes des Vergniaud, des Cou-