r.2
KCIIANGK DK l-IUSONNIERS.
(Décembre 175)5.
monnaie était extrême. Il fut fait lin emprunt de six cent millions sur lescitoyens aisés {a), avec clause que « les assignats ne seraient reçus que pourun centième de leur valeur nominale. » On demanda par message au conseildes cinq cents 3,000,000,000 en assignats.
50 millions étaient demandés pour le ministre de la justice.
5)00 millions pour le ministre de l’intérieur, « y compris ce qui était relatifaux achats de grains, comme suite naturelle de ses attributions. »
100 millions pour les dépenses ordinaires, extraordinaires et secrètes dudirectoire exécutif.
Un milliard cent millions pour le ministre de la guerre.
600 millions pour le ministre de la marine et des colonies.
50 millions pour le ministre des relations extérieures [b).
C’était par besoin urgent que les directeurs s’v étaient décidés.
Une des premières mesures honorables de ce gouvernement fut l'échangede la fille de Louis XVI , contre les conventionnels Lamarque, Camus, (Jui-nette et Bancal, et l’ex-ministre Beurnonville, livrés aux Autrichiens parDumouriez cj. La négociation pour cet objet, avaitété longtemps secrètemententretenue avec l’Autriche , et il est présumable qu’il en avait transpiré quel-que chose dans le public, car on chantait dans beaucoup de salons cette ro-mance de Lepitre, officier municipal :
C. iltnotoi, jeune- infortunée .
Rien UH ces portes vont s’ouvrir ;Bientôt, de tes fers délivrée.
D’un eiel pur tu pourras jouir,
Mais en quittant ce lieu funeste.
Ou réjjna le deuil et l’effroi,Souviens-toi du moins qu’il y resteDes ropurs toujours dignes de toi.
Le 15), le ministre de l’intérieur alla prendre Mademoiselle au Temple , oùelle était enfermée depuis trois années, et la conduisit jusqu’aux voitures quidevaient la transporter à Bàle ; la princesse portait, pendant le voyage, le nomde Sophie. L’échange s’opéra au bourg de Richen , à une lieue de Bâle .
Ce fut le dernier acte important de l’année 1795, dont le tableau généralmérite à tous égards d'être présenté au lecteur.
L’année 1795 avait été tout entière réactionnaire. Les sciences et les artsavaient fait d’immenses progrès. La fameuse Décade philosophique était encours de publication, ainsi que le Bulletin de littérature , des sciences et desarts. Thomas Payne, Volney, Dumarsais , avaient écrit leurs principaux ou-
a) Loi de finances du io déremfire.[b) Moniteur universel,c) Voir tome l, au mois d'avril i7<)3.