(Année 1795.)
JOl'RNAl'X ET imOCIIl'IlKS.
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vrages. Ou'on juge jusqu’à quel point la révolution paraissait déjà un fait ac-compli, hors de toutes les atteintes! Les Mémoires sur l’orageuse époquecommençaient à paraître. Dumonriez, Garat et madame Roland en avaientappelé à la postérité du jugement de leurs contemporains.
Les voyages et les études historiques occupaient une place importante dansla littérature.
Cambacérès avait déjà rédigé un projet de Code civil.
Au théâtre. Picard. Joseph Chénier , Arnault et Marsollier, tenaient lesceptre de la comédie et de la tragédie. Les musiciens Méhul, Gossec , Rer-ton, Catel, attiraient la foule aux spectacles lyriques. Au reste, on jouait bienencore des pièces patriotiques, telles que Viola ou le héros de la Durance,Encore une victoire, Quinttis Cinciimatus , etc. ; mais l’énergie et la fournierévolutionnaires s’étaient amorties.
Aux approches du directoire, il était bien naturel qu'on représentât des piè-ces joviales, la Perruque blonde, de Picard, qui débutait dans la carrière ; laPauvre femme , de Marsollier, et la Supercherie par amour, de Davrignv. Celafaisait transition des comédies jacobines aux comédies guerrières._Le théâ-
tre est véritablement le miroir d’une époque ; c’est une sellette où chaquegénération vient montrer ses défauts, ses qualités ou ses ridicules.
Somme toute, la littérature, proprementdite, a étendu son cercle. Les chan-sons ont grandi jusqu’aux romances ; les pamphletsont fait place aux voyages-les Revues, les Magazines l’ont emporté sur les feuilles spécialement politiques!
Parmi ces dernières, nous citerons : l’Ami de la convention , contre les ja-cobins; — l’Ami de la constitution ; — l’Ami des lais, avec cette épigraphe :Nul n’est homme de bien s’il n’est franchement et religieusement observateur
des lois; — l'Eclaireur, ou le défenseur de vingt-cinq millions d’opprimés: _
le Courrier des deux conseils; — le Journal de la liberté de la presse; _ le Jour-
nal des droits et des devoirs de l'homme; — le Linx français ; — la Trompettedu père Bellerose ;— le Ventriloque, ou le Ventre affamé, journal royaliste (a) •— le Journal des Incroyables, ou les hommes à parole d’honneur ;_ le Jour-
nal des Paresseux; — le Libre penseur; — le Journal des Rieurs , ou le Démo-crite français , avec cette épigraphe :
{lire de (out c'est ma folie ,
Rira bien qui rira le dernier.
En brochures il faut remarquer : les Sermons républicains du premier apô-tre de la Raison, par Pithou; les Voyages du petit furet patriote,— et lesCrimes de Marat et des égorgeurs, par Maton (fc).
Des écoles centrales avaient été créées pour l’enseignement des sciences ut
(а) Bibliographie deM. ÏK-schions.
(б) Bibliothèque de M. Pixérécourc.